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L'Essentiel est
merveilleux
Editions
QUINTESSENCE
FRANCE
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L’AMOUR
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"Quand
l'amour fleurit en nous, il faut l'offrir, le donner. Et
plus vous le répandrez, plus il grandira"
"Veillez à ne pas mesurer votre
amour, n’en soyez pas avare, vous perdriez tout.
Laissez votre coeur fleurir, partagez-le,
donnez-le sans compter, permettez-lui
de fructifier.
Qu’offrons-nous à l’être aimé ?
Généralement, ce sont des fleurs que nous lui portons
pour exprimer notre Amour... Pourquoi ?
Parce que la beauté des fleurs vient
de ce qu’elles ne peuvent être thésaurisées. Elles
représentent et symbolisent l’Amour. Ni Dieu ni l’Amour
ne peut être emmagasiné. Ce n’est pas un hasard si
la fleur est l’emblème de l’Amour depuis toujours.
Quand l’Amour fleurit en vous, il
faut l’offrir, le donner. Et plus vous le répandrez,
plus il grandira ! Un jour vous serez une source d’Amour
inépuisable".
Je ne pouvais pas aborder le sujet si
vaste qu’est l’Amour sans dire ceci...
J’écris son nom avec un A majuscule
pour représenter toute la grandeur qu’il est pour
moi. J’affirme que sans Amour nous ne sommes plus
rien. L’Amour est une énergie pure qui nous permet de
vivre.
Dans quel état sommes-nous, par
exemple, lorsque nous tombons amoureux ? Nous nous
sentons pousser des ailes, nous pourrions vivre d’Amour
et d’eau claire... Nous sommes portés par un
dynamisme et une vitalité qui nous transforment et nous
rendent méconnaissables. Nous voici rayonnants, et nous
diffusons cette Lumière autour de nous... Quelqu’un
qui est réellement amoureux ne passe pas inaperçu.
L’Amour est vital pour tout ce qui
vit sur cette Terre. Que se passe-t-il en ce moment ? La
réponse est simple : la planète entière et ses
habitants sont dans un état de souffrance, de haine et
de misère mentale car il y a un manque d’Amour considérable.
Le matérialisme a pris une place si
importante que nous avons oublié pourquoi nous sommes
venus faire un petit séjour sur cette bonne vieille
planète : nous devons faire évoluer notre âme.
Mais qu’est-ce que le matérialisme
? La définition du dictionnaire est plus que révélatrice
:
matérialisme : manière
de vivre, état d’esprit orientés vers la recherche
des plaisirs et des satisfactions matériels.(1)
Nous y sommes, ou plus exactement,
nous y étions ; le résultat est ce que nous vivons en
ce moment : le chaos. Un siècle et un millénaire
viennent de s’achever. Nous entrons dans une nouvelle
ère, celle de la spiritualité.
Je ne peux m’empêcher de penser à
ce qu’a dit André MALRAUX : "Le vingt-et-unième
siècle sera spirituel ou ne sera pas".(2)
Nous avons le choix : celui de
continuer à vivre égoïstement en nous repliant sur
nous-mêmes, pour ne pas voir la réalité
actuelle, ou celui de prendre
conscience que nous pouvons
(1) Le Petit LAROUSSE (Grand Format)
Éd. 1994
(2) André MALRAUX "La condition
humaine" Éd. GALLIMARD 1933
changer et qu’il n’est jamais trop
tard pour bien faire. Les générations futures récolteront
ce que nous aurons semé.
Certains d’entre nous ont déjà
choisi le chemin de la spiritualité ; ils font circuler
l’Amour inconditionnel, pour acquérir une vie pleine
de sérénité et pour éviter que nos descendants
vivent dans la souffrance. C’est un immense acte
d’Amour.
C’est un travail utile que chacun
peut effectuer. Il est encore temps. Effaçons ce qui
est ancien , gommons les bonnes vieilles habitudes et
ouvrons-nous à tout ce qui est nouveau. Voici un mot
qui fait peur : " nouveau" . Il représente
l’inconnu, l’original et l’inattendu. Faisons
preuve de lucidité : qu’avons nous à perdre ? Rien,
en fait, et à gagner un bien-être dont chacun a
besoin, c’est certain.
Évidemment nous ne sommes jamais sûrs
de rien, mais qui ne tente rien n’a rien. Si nous
pouvions remettre l’Amour à sa juste place et ne pas
nous en servir qu’en cas de besoin, la face du monde
pourrait s’en trouver changée.
Mais qu’est-ce que l’Amour ? Un
sujet inconnu, peut-être encore trop tabou pour nombre
d’entre nous. Chacun peut faire un effort. Si nous ne
trouvons pas les mots qu’il faut, nous pouvons le
manifester autrement. Il y a mille façons d’aimer, et
chaque jour essayons d’offrir un peu de cet Amour,
sous forme de pensées, de gestes ou de mots. Nous
pouvons percevoir aussi la moindre petite lueur d’Amour
qui nous est envoyée, encore faut-il être réceptif et
la découvrir dans les manifestations que nous pensons
banales... Un exemple peut suffire : vous vous promenez,
et votre gilet que vous aviez juste posé sur vos épaules,
glisse et tombe à terre. Un inconnu proche de vous,
mais que vous n’aviez pas vu, le ramasse et vous le
donne. Vous le remerciez, et chacun reprend son
chemin... C’est un acte d’Amour inconditionnel. Cet
être dont vous ignorez tout, ne vous a rien demandé en
retour .
Nombreux sont ceux qui qualifient ce
geste de "normal" - leur vie est d’une
monotonie affligeante. Ils ne magnifient pas les choses
les plus simples qui touchent le coeur et l’âme.
Vous aussi, en disant merci vous avez
envoyé de l’Amour à cet étranger, sous la forme
d’un seul petit mot. Nous pouvons penser que cet
exemple est d’une banalité déconcertante, mais nous
avons tendance à oublier que ce sont "les petits
ruisseaux qui font les grandes rivières".
Nul doute qu’il existe des gens
merveilleux sur cette terre et le meilleur moyen de les
rencontrer, c’est de s’ouvrir au monde ; tous les évènements
actuels ne nous aident pas à faire cette démarche
personnelle et spirituelle. C’est être clairvoyant
que de prendre conscience de tout ce qui se passe autour
de nous ; être lucide fait peur et nécessite une
ouverture d’esprit salutaire à l’évolution de
notre âme.
Il faut du courage pour exprimer ce
que l’on ressent... Combien de fois par jour
dites-vous "je t’aime" - plus exactement,
combien de fois avez-vous envie de le dire sans oser
l’exprimer? - que ce soit dans votre
environnement familial, amical, ou professionnel ?
Combien de fois dites-vous "je t’aime" à
vous-même ?
Quand je dis "je t’aime" ,
je suis heureuse et j’ai le sentiment d’avoir tout
dit ; les grands bavardages sont souvent superflus.
L’interprétation de ces deux mots varie selon
l’interlocuteur qui se trouve en face de moi. Ceux qui
ont pris le temps de mieux me connaître, ne doutent pas
de ce que je viens de leur déclarer. Il n’en n’est
pas de même pour ceux qui ne savent pas qui je suis.
Ils sont dubitatifs, et je suis pratiquement convaincue
qu’ils se sont demandé, ne serait-ce qu’un instant,
si j’avais bien toutes mes facultés mentales.
Personnellement, je pense qu’ils n’ont pas eu - c’était
mon cas autrefois - l’habitude de conjuguer le verbe aimer.
Développons à présent ce que peut
être l’Amour entre un homme et une femme. Lorsque
nous étions petits, nous étions bercés par de jolis
contes... "La jolie jeune fille rencontra le prince
charmant, ils se marièrent et eurent beaucoup
d’enfants". J’aimerais ajouter que leur vie fut
un long fleuve tranquille, qu’ils n’ont pas connu de
scènes de ménage, que leur chérubins ont traversé
leur adolescence sans crise et sans anicroche, que toute
leur vie fut parfaite... Comme il était agréable et
doux de rêver à cette époque !
Or vivre à deux, c’est le
commencement de la tolérance et de l’acceptation de
la différence. Lorsque nous tombons amoureux, nous
chutons : reste à savoir, si, quand nous nous relèverons,
nous serons vraiment "attachés" à l’autre.
Quand notre coeur bat la chamade pour un bel inconnu ou
pour une beauté vénusienne, nous devenons aveugles en
même temps... La séduction, l’attente, le désir,
les palpitations au premier rendez-vous nous font planer
sur notre petit nuage et nous nageons dans le bonheur :
Nous planons, nous nageons et nous ne sommes plus sur
terre. Quelque temps plus tard, nous commençons à découvrir
l’autre dans son intégralité : nous ne mettons pas
en doute ses qualités qui nous ont charmés, mais nous
apercevons ses défauts qui nous avaient échappé. Il
faut bien admettre que l’être qui nous a fait tourner
la tête n’est pas parfait. Les contes de prince
charmant et de belle au bois dormant peuvent retourner
sur les étagères de notre chambre d’enfant. Nous
voici revenus maintenant les deux pieds sur terre.
C’est à ce moment précis
qu’intervient l’Amour inconditionnel dans toute sa
splendeur : accepter l’autre tel qu’il est, sans
vouloir le changer, en le laissant évoluer à son
rythme ; c’est à nous d’adapter notre comportement
en pratiquant la tolérance, tout en sachant que, nous
aussi, évoluons sans cesse.
Vivre à deux, est-ce vraiment
partager sa vie avec l’autre, ou serait-ce plus
justement vivre sa vie près de l’autre ?
C’est accepter aussi que l’être
aimé soit différent de nous, et prendre conscience que
c’est la porte ouverte à d’autres connaissances
qu’il détient et que nous n’avons pas. C’est un
enrichissement et c’est de l’Amour, c’est un échange
et c’est de l’Amour, c’est de savoir que nul
n’est parfait et c’est encore de l’Amour.
N’éludons pas le fait que dans
toutes les histoires d’Amour, il y a des hauts et des
bas. L’homme et la femme sont complémentaires,
c’est la nature. Mais chacun a ses faiblesses, ses
doutes et ses espoirs. Peut-être est-ce pour cela
qu’il existe ces fameuses périodes de
"crise" dans un couple ?
Alors surgissent d’innombrables
questions et l’on ne sait plus si l’on s’est trompé
de partenaire ou non.
Nous sommes tous à la recherche de
l’âme soeur...
Prendre du recul est une solution qui
s’avère bénéfique quelquefois : le choix nous est
ouvert mais laissons parler notre coeur, lui seul nous
conseillera. De nos jours, les vraies valeurs et surtout
celle de l’Amour ont du mal à subsister et nous
sommes déstabilisés. Nous avons trop tendance à écouter
les conseils extérieurs alors que nous détenons notre
vérité au plus profond de notre être.
Les mentalités ont changé, les
moeurs aussi. Nous pouvons choisir le mariage, la fidélité
ou bien accumuler plusieurs aventures amoureuses...
Malheureusement, il existe des cas
encore trop nombreux en ce début de troisième millénaire,
où la société s’arroge le droit d’interdire à
deux êtres consentants de s’aimer. Différences d’âge,
de race, de religion et même quelquefois de classe
sociale... Au nom de quoi s’approprie-t-elle le
pouvoir de séparer deux êtres amoureux ? Au nom de qui
les force-t-elle à se voir en cachette comme s’ils
commettaient un crime ?
Peut on espérer qu’un jour, l’Amour
triomphera de tous les
tabous ?
La libération sexuelle permet
d’aller d’un partenaire à l’autre. Chacun agit en
son âme et conscience.
L’acte sexuel a longtemps été
considéré comme un péché mortel, comme quelque chose
de sale, et si possible, employé uniquement pour la
reproduction. Comment modérer les pulsions que nous
envoie notre corps physique, lorsque nous sommes attirés
vers celui ou celle que nous aimons ? C’est
comme ne pas assouvir sa faim lorsque notre estomac
grogne et ne pas étancher sa soif lorsque nous sommes déshydratés.
Nous cessons alors d’entretenir, par des besoins
vitaux, notre enveloppe charnelle, véhicule de notre âme.
La frustration s’installe, engendrant avec elle, un déséquilibre
agissant sur notre mental...
Autrefois, les jeunes fiancées
devaient garder leur virginité jusqu’au jour de leur
union - avec l’élu de leur coeur, ou bien avec un
individu choisi par leur entourage familial - ; si par
malheur, elles osaient faire l’Amour avant leur nuit
de noces, elles apportaient le déshonneur et dégradaient
l’image de la "famille". L’acte sexuel était
avilissant. Bafouer les traditions, les croyances, les
valeurs judéo-chrétiennes était impardonnable...
A force de vouloir s’emparer, encore
et toujours, des paroles et du pouvoir de DIEU, certains
individus exercent une véritable passion : celle de
commander et de dicter leur vérité, et non celle du Créateur.
Ils ont établi leurs propres règles et jouissent alors
du droit de supériorité, les amenant ainsi à violer
la plus puissante et la plus naturelle des énergies :
celle de l’AMOUR. Victorieux de leurs combats qu’il
dirigent à l’extérieur, ils cachent leur propre
guerre qu’ils mènent au fond d’eux-mêmes.
Pourquoi, alors, être étonné de voir, aujourd’hui,
autant d’hypocrisie, de conflits et de tabous ? Cette
frénésie de gouverner est sans doute la source de
toute la souffrance humaine qui sévit encore en ce début
de troisième millénaire...
L’abus de pouvoir, l’orgueil et
les signes extérieurs de richesse - qui supposent une
supériorité non fondée - sont les fléaux qui osent
diriger le monde... Paradoxalement il ne faut pas avoir
beaucoup de fierté pour prôner ce genre de culte. Cela
dénote un manque affectif que l’on comble avec des
illusions.
Depuis des siècles, nous vivons dans
le mensonge...
Aujourd’hui le sexe est devenu un
instrument de marchandage ; c’est aussi un véritable
commerce. Comment peut-on tomber si
bas ? Faut-il vraiment toucher le fond
pour espérer, un jour, remonter à la surface ?
L’acte sexuel est une besoin naturel
que réclame notre organisme. Il s’agit d’être à
l’écoute de celui-ci ; pratiquer le non-dit ou opter
pour l’attitude libérée des années
"babas-cool" sont des extrêmes suggérés par
certains.
Autre temps, autres moeurs...
Voici ce qu’un jour, j’ai eu le
bonheur et le privilège de
lire :
"Quand deux êtres s’aiment,
ils connaissent l’orgasme profond, ils se fondent
l’un dans l’autre. Alors, la femme n’est plus
femme ni l’homme, homme. Ils deviennent un tout, un
seul. ils fusionnent et oublient leur propre identité,
leur personnalité qu’ils se sont créées. C’est ce
qui rend l’Amour si beau. L’extase est un état dans
lequel vous ne ressentez plus votre corps comme composé
de matière. Il devient électrique. La vibration est à
ce point total que vous ne voyez plus votre organisme
comme un objet matériel. Vous prenez conscience de sa
nature réelle : c’est un phénomène lumineux. Peu à
peu, les amants apprennent à s’abandonner l’un à
l’autre, à se laisser aller à cette pulsion énergétique,
à ne plus avoir peur. Lorsque le corps perd ses limites
et devient vaporeux, quand ne subsiste plus qu’un
rythme subtil, c’est comme si vous aviez cessé
d’exister. Cette découverte est réservée à ceux
qui s’aiment de tout leur être. Les amants
qui vibrent au même rythme, dont le coeur et le corps
dansent à l’unisson, créent une harmonie. Ils
cessent d’être deux. Un cercle de lumière se forme,
une symphonie dont la suavité et la beauté dépassent
de très loin tout ce que vos oreilles ont jamais perçu
de mélodieux. C’est le miracle de l’Amour." (3)
(3)
Osho RAJNEESH "Tarot" Éd. Du Gange
Tout ceci résume ce que représente
l’acte d’Amour pour moi.
Osho Rajneesh que je viens de citer
ci-dessus, décrit avec une immense pureté l’acte
sexuel. Personnellement, je trouve sa définition la
plus belle qui soit et c’est bien pour cela que je désire
en faire part à ceux qui me liront.
On peut dire "je t’aime"
à l’Ami : celui qui est à nos côtés dans les beaux
jours, mais qui nous fait la grâce d’être présent
lorsque des nuages viennent assombrir notre vie. L’Ami,
cet être humain dénué de tout intérêt, est un
cadeau du ciel : il est celui que nous avons croisé par
hasard, c’est ce que nous pensons. J’ai la
conviction qu’il nous a été envoyé, que nos chemins
se sont croisés et que les circonstances dans
lesquelles
nous nous sommes rencontrés ne sont
pas les fruits d’une coïncidence... Nous n’avions
ni voulu, ni contrôlé l’instant précis où nos deux
âmes se sont rejointes.
L’Ami est un être d’AMOUR
INCONDITIONNEL : il est celui à qui
vous donnez toute votre confiance,
vous pouvez tout dire, jamais il ne vous jugera. Il
accepte tout de vous, vos pensées, même si elles sont
opposées aux siennes, car il respecte votre différence.
Il peut s’introduire dans votre vie à n’importe
quel
moment car il sait qu’il peut
arriver chez vous un jour ensoleillé ou un soir
d’orage. Vous n’avez rien à lui cacher. Sa seule présence
vous réconforte. Sa chaleur humaine vous réchauffe et
vous apaise.
A votre tour, vous devenez l’Ami de
cet être merveilleux. Vous l’écoutez avec sincérité,
vous l’accueillez tel qu’il est dans votre coeur.
Aucune condition ne sera exigée dans cette relation.
Il y aura des jours où vous aurez
envie de fêter et partager avec lui tous les moments
formidables de votre existence. Parce que de le voir
rire et exprimer sa joie vous comble de bonheur.
L’Ami se réjouit lorsque vous êtes
heureux et vous offre son épaule quand le chagrin vous
envahit.
L’Amour physique n’a pas lieu d’être.
Deux mains tendues qui se rejoignent, la droite pour
donner, la gauche pour recevoir, l’harmonie entre deux
personnes qui ont juste le plaisir de se retrouver pour
être bien ensemble : c’est peut-être tout simplement
cela, l’Amitié. Le sexe et l’argent n’ont aucun
pouvoir dans cette liaison qui grandit au fil du temps
qui passe, et qui apporte ce réconfort dont tout être
humain a tant besoin aujourd’hui. Un sourire, un
simple regard sont des messages d’Amour, il n’en
faut peut-être pas plus pour se sentir heureux.
Quand nous sommes avec l’Ami, nous
pouvons enfin être nous-mêmes
Nous ne ressentons pas le besoin de
nous comparer à lui : nous n’avons pas envie de lui
être supérieur ou inférieur. L’intégrité prend sa
valeur dans une relation amicale. C’est sa force et ce
qui lui permet d’exister.
Nous sommes le véritable Ami, lorsque
nous savons entendre les confidences de celui ou de
celle qui vient se confier. Jamais, nous ne répéterons
à autrui ce que son coeur nous a dévoilé. Le trahir
tuerait l’Amour. Et qui peut se permettre d’enlever
la Vie à quelque chose qui est né ?
Peut-être pourrait-on commencer à
comprendre sur un plan beaucoup plus général, que si
le monde se trouve dans l’état où il est
actuellement, c’est parce qu’au lieu de faire
fructifier l’Amour, on l’assassine jour après jour.
Je laisserai chaque lecteur méditer sur cette pensée
qui n’est pas très loin de la réalité, et qui n’a
pour privilège que d’être la mienne.
L’être humain est en perpétuelle
évolution, la représentation de la famille s’en
trouve modifiée. Aimer ses parents, ses frères et
soeurs, est bien plus complexe qu’il ne paraît. Nous
entendons de nouveaux termes tels que "famille
monoparentale, famille recomposée, et bientôt,
"famille pacsée" ; peut-être, aussi,
sommes-nous à l’aube de l’apparition de nouvelles
structures qui n’ont pas encore vu le jour.
Le monde change très vite même si
quelquefois, nous ne nous en apercevons pas.
Revenons à la famille
"traditionnelle". Il faut d’abord trouver sa
place dans cette petite société que notre père et
notre mère ont fondée. Puis nous devons nous y épanouir.
Lorsque nous sommes enfants, nous prenons comme premiers
"modèles" nos parents, en vivant
conjointement avec nos frères et soeurs de sang.
Comment pouvoir alors arriver à développer nos propres
pensées, et à affirmer notre personnalité ? Chaque être
humain est unique et doit forger son identité sans être
influencé par les personnalités de son entourage
familial. Cette prise de conscience se déclenche au
moment de l’adolescence : non seulement notre corps se
métamorphose, et nous découvrons peu à peu l’homme
ou la femme que nous sommes en train de devenir, mais en
même temps nous avons envie d’exprimer qui nous
sommes réellement. Nous quittons le monde de
l’enfance pour nous ouvrir à celui de l’adulte.
Nous ressentons le besoin de croire en nous, mais
surtout, nous désirons que notre famille nous fasse
confiance. Son Amour est indispensable : cette marque
d’affection est une énergie qui nous portera pendant
cette période cruciale qu’est l’adolescence. Nous
devons apprendre que notre existence est faite d’expériences,
qu’importent les résultats ? Nos parents nous aiment,
et quelquefois, souhaitent voir se concrétiser les rêves
qu’ils avaient faits pour nous, dans le secret espoir
que nous soyons heureux. Ils savent aussi, au fond
d’eux-mêmes sans nous le dévoiler, qu’ils ont
commis des erreurs et aspirent à une vie meilleure pour
leurs enfants... C’est une grande preuve d’Amour...
Mais comment leur faire comprendre que c’est avec ces
"droits à l’erreur" que l’on avance dans
la vie - à condition d’en prendre conscience pour ne
pas les répéter ?
Certains détails surgissent et nous dérangent
; nous voici devant une réalité qui nous trouble :
notre père n’est pas un "dieu" et notre mère
n’est pas une "sainte". Nous devons les
aimer tels qu’ils sont, avec leurs qualités et leurs
défauts, qui font d’eux de simples êtres humains.
Ils ont agi au meilleur de leurs connaissances pour nous
élever. Soyons convaincus qu’ils ont fait du mieux
qu’ils ont pu. N’oublions pas qu’ils ont été un
jour des enfants avant d’être les adultes qui sont
maintenant devant nous. Ils ont traversé, eux aussi,
toutes les périodes que nous avons connues et que nous
connaissons. C’est un travail psychologique qui nécessite
une ouverture d’esprit intègre que celui
d’apprendre à mieux connaître ses parents et qui
vaut la peine d’être entrepris. Il est probable
qu’après cette démarche personnelle,
intérieure et spirituelle, nous les aimerons encore
plus.
Quant à nos frères et nos soeurs de
sang, le seul point qui nous unit à eux, est d’avoir
les mêmes géniteurs. Nous avons grandi dans le cocon
familial pendant un certain temps, variable selon
chacun. Nous avons appris avec eux le sens des mots
"partage" et "communauté". Nous
nous retrouvions au moment des repas et nous dormions
dans la même chambre. Nos parents se sont efforcés de
donner autant d’Amour qu’ils pouvaient à chacun
d’entre nous, selon nos besoins affectifs.
Mais, quelquefois, les liens du sang
ne suffisent pas : pendant notre enfance, nous avons
tous entendu ceci : "qu’est-ce qu’ils se
ressemblent !" Physiquement, c’est incontestable,
mais chacun détenant sa propre et unique identité,
seul notre aspect extérieur pouvait dévoiler nos liens
de parenté. Nos pensées, nos opinions, nos caractères
divergeaient : accepter la différence au sein d’une même
famille, est un immense acte d’AMOUR. Heureusement
pour certains, une bonne entente s’est développée
sous une forme d’affection inconditionnelle.
Malheureusement, pour d’autres, le manque de tolérance
a été si intense qu’il fallait juste arriver à se
supporter. Paraître et ne plus être... Papa et maman
voulaient tellement que leurs enfants s’entendent
bien, que nous n’avons pas voulu les décevoir.
Si une relation amicale ne s’est pas
établie avec nos frères et soeurs, lorsque nous sommes
tous devenus adultes, nous essayons de garder des
contacts avec ces membres de notre famille que nous
avons formée un jour. Notre situation sociale ou
matrimoniale a contribué à nous éloigner les uns des
autres. Le temps est venu de fonder à notre tour, notre
foyer. Nous nous retrouvons à l’occasion d’une fête
de Noël, d’un mariage ou d’une autre circonstance
qui réunit la "famille".
Hélas, de graves querelles viennent
parfois fracturer cette ancienne cellule familiale :
prenons l’exemple de ceux qui se déchirent au moment
de la disparition de leurs parents ; l’argent a pris
une telle importance que l’Amour s’estompe ou
disparaît, si toutefois il avait réellement existé.
Les problèmes que causent les héritages sont de plus
en plus nombreux.
Que peut-on faire d’autre que
d’offrir notre Amour, toujours inconditionnel, et
tourner la page en espérant que le temps dissipera les
malentendus ? Les désaccords, dans ce genre de
circonstances, sont porteurs de souffrances et de déceptions,
dont la cicatrisation est difficile.
Alors voici ce que j’ai envie de
dire et qui vient du plus profond de mon être :
"lorsque la puissance de l’Amour aura remplacé
l’amour de la puissance, l’homme naîtra pour la
seconde fois."
Je reste persuadée que nous pouvons
envoyer de l’Amour à celui ou à celle qui nous a
blessés, qui nous a trahis ou calomniés. Ce genre
d’attitude peut soulever des incertitudes et des
incompréhensions de la part de quelques uns. Nous
sommes à la fin d’une époque où la loi du talion a
été pratiquée à outrance. Quelles sont les conséquences
de cette loi ? "Oeil pour oeil, dent pour
dent"... Il y a tant de violence dans ces mots,
elle est si intense qu’elle en est presque palpable.
Regardons attentivement tous les évènements
passés et actuels qui nous entourent, et tentons
d’effectuer une synthèse.
Baird T. SPALDING est âgé de 37 ans
en 1894. Interlocuteur des éminents penseurs de son époque,
il ne cherche pas à décrire un nouveau culte ou une
nouvelle religion. Il nous fait la grâce de nous conter
ses expériences vécues. Au cours de son aventure
initiatique, il écrit "La vie des maîtres".
Le texte que je vais citer est extrait de ce livre.
"On envoie ainsi de l’Amour à
ceux qui voudraient faire du mal
et l’énergie qu’ils déploient se répercute
sur eux-mêmes. Les pensées
malfaisantes qu’ils ont envoyées dépeignent la
nature inférieure de chaque homme
combattant avec ce qu’il croit bien être son ennemi.
En réalité, ils se battent contre l’image de leur
propre moi inférieur. De telles images transforment en
ennemis les meilleurs amis, et soulèvent le frère
contre le frère. S’ils répondent à l’Amour par la
haine, la traîtrise ou l’esprit de revanche, ils
transforment eux-mêmes ces rayonnements en une flamme
qui les consumera.
Vous n’avez rien à craindre, nous
n’offrons que l’Amour, mais nous ne pouvons les
forcer à accepter." (4)
J’ai mis en pratique cette théorie
que je viens de citer ; seul Baird T. SPALDING m’a
convaincue de suivre le chemin que j’ai choisi
actuellement. Je me sens plus sereine voire même plus légère.
Je n’ai plus envie de me venger. Voici ce que j’ai
dit à quelqu’un qui m’avait consciemment blessée
dans l’unique but de me voir souffrir :
"c’est inutile de me faire du
mal, tu perds ton temps et ton énergie ; méfie-toi de
cette loi qui agit comme un boomerang à laquelle tu
n’échapperas pas : ce que tu donnes, tu le reçois au
centuple. La méchanceté que tu m’as fait subir, un
jour ou l’autre, tu la recevras bien plus forte
encore. Je te plains et je ne t’oblige pas à
m’aimer. Tu as le choix. Moi j’ai fait le
mien."
Ce genre de remarque suscite une stupéfaction
totale de celui qui nous attaqués. Il se sent désarmé.
Sa jouissance qui consiste à nous éprouver ne nous
atteint plus, il ne comprend pas pourquoi nous lui
envoyons de l’Amour quand nous lui parlons ainsi.
Deux comportements se sont manifestés
: celui de réfléchir aux paroles qu’il a entendues
ou celui de trouver quel moyen il pourrait employer pour
nous provoquer une nouvelle fois : en fait, il voudrait
savoir si notre réaction sera toujours la
(4) Baird T. SPALDING "La vie des
maîtres" Éd. Robert LAFFONT 1999
même. Il ne se doute pas que nous
avons une bien plus grande énergie que la sienne :
celle de l’AMOUR.
Je ne cacherai pas le fait que
viendront des moments où le chagrin nous accablera :
les blessures font mal et nous réagissons humainement.
Rester impassible serait une erreur ; si la rage
s’installe en nous, exprimons-la : si nous avons envie
de pleurer, ne nous retenons pas...Les larmes doivent
couler, elles sont les rivières de notre vie. Rien
n’est plus mauvais qu’une colère refoulée. Notre
oreiller peut faire office de putching-ball, aussi...
Cela nous fait du bien d’extérioriser nos
ressentiments. Nous avons le droit de garder un oeil
critique sur la situation vécue. Cela cesse de faire de
nous, d’éternelles victimes.
Une fois calmés, essayons de
comprendre ce qui peut bien plonger notre
"agresseur" dans les ténèbres de la haine :
peut-être n’a-t-il pas reçu d’Amour à un moment
de sa vie, cela expliquerait le fait qu’il n’a pas
envie d’en donner. Il bloque ainsi cette merveilleuse
énergie. Il se détruit, mais il ne le sait pas encore.
A ce jour, je ne trouve pas d’autre explication
à ce genre d’attitude. Je m’en réfère à
Georges Bernanos qui a écrit
ceci : "qui cherche la vérité de l’homme doit
s’emparer de sa douleur" (5)
Comment évoquer à présent l’Amour
entre les parents et les enfants ? Ce serait prétentieux
d’affirmer qu’il existe des mères et des pères
exemplaires... Cela signifierait qu’ils sont parfaits
et qu’ils n’ont jamais commis d’erreur !
Dans une prose pure et simple, Khalil
Gibran nous dit ceci :
"Alors une femme qui tenait un
nouveau-né contre son sein dit :
parle-nous des Enfants".
Et il répondit :
"Vos enfants ne sont pas vos
enfants.
Ils sont les fils et les filles de la
Vie qui a soif de vivre encore et toujours.
Ils voient le jour à travers vous
mais non pas à partir de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils
ne sont pas à vous.
Vous pouvez leur donner votre amour
mais non point vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps
mais non leurs âmes.
Car leurs âmes habitent la demeure de
demain que vous ne pouvez visiter même dans vos rêves.
Vous pouvez vous évertuer à leur
ressembler, mais ne tentez pas de les rendre semblables
à vous.
Car la vie ne va pas en arrière ni ne
s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par lesquels sont
projetés vos enfants comme des flèches vivantes.
L’Archer prend pour ligne de mire le
chemin de l’infini et vous tend de toute Sa puissance
pour que Ses flèche s’élancent avec
(5) Georges BERNANOS "La
joie" Éd. PLON 1991
vélocité et à perte de vue.
Et lorsque Sa main vous ploie, que ce
soit alors pour la plus grande joie.
Car de même qu’Il aime la flèche
qui fend l’air, Il aime l’arc qui ne tremble
pas." (6)
Je n’ajouterai rien de plus sur le
texte du prophète que je viens de citer... C’est une
belle invitation à la méditation.
J’aimerais conclure ce chapitre par
ceci :
"Aimons sans attente.
Soyons ouverts à l’Amour.
Abandonnons le triste sentiment de ne
pas être dignes d’Amour.
Semons et nous récolterons, la
patience sera notre alliée.
Faisons-le naturellement sans rien
attendre en retour.
Nous aurons l’agréable surprise de
recevoir l’Amour au moment où nous ne nous y
attendrons pas.
Si nos actes d’Amour sont faits
purement sans intérêt personnel mais dans le but de
faire circuler cette miraculeuse énergie, nous les
recevrons au centuple.
Soyons éveillés pour apercevoir tous
les témoignages d’Amour que
l’on nous donne, même les plus
anodins à nos yeux : ouvrons notre coeur pour les
percevoir."
Une nouvelle ère s’offre à nous,
ici et maintenant. Qu’elle soit peuplée de belles expériences
: nous avons tout à gagner aujourd’hui plus que
jamais.
Dans ce chapitre que je sais
incomplet, parce que je n’ai pas fait tout le tour de
l’Amour, j’ai consciemment employé le mot
"AMOUR" à plusieurs reprises car je ne lui ai
trouvé aucun autre synonyme : pour moi, il n’en
existe pas.
Que l’Amour qui est en nous irradie
tous les êtres qui nous entourent !
(6) Khalil GIBRAN "Le prophète"
Éd. J’ai lu 1999

suite

Auteur: Brigitte
Cordonnier
Copyright Le Royaume
chez Rubis
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