L'Essentiel est merveilleux

Editions QUINTESSENCE    

FRANCE

L’ÉCHEC

 

 

Si nous pouvions bannir ce mot de notre vocabulaire, nous en ressentirions les bienfaits, jour après jour.

Notre vie n’est faite que d’expériences : lorsque nous étions enfants, combien de fois sommes-nous tombés avant de marcher correctement ? Il faudrait, pour entrer dans les normes, qu’un petit enfant sache trottiner lors de son premier anniversaire. On peut savoir ainsi s’il est "en avance" ou "en retard" par rapport à son âge ; pour les parents, c’est probablement un signe d’intelligence : la fierté se lit sur leurs visages et ils ne sont pas sans se vanter de la précocité de leur progéniture...

Mais si chacun évoluait tout simplement à son rythme, il n’y aurait pas cette compétition qui nous motive, certes, lorsqu’elle est bien gérée, mais qui peut culpabiliser et faire naître la sous-estimation de soi-même.

Quand nous nous retrouvons sur les bancs de l’école, la pression se fait ressentir de façon encore plus concrète : il faut suivre assidûment, se montrer "brillant" dans toutes les matières, si possible, sinon la menace de l’échec scolaire plane sur nous. Certains arrivent à de splendides résultats : c’est en réalité qu’ils sont doués pour les études, et peut-être aussi, pour se faire aimer un peu plus de leurs parents...Ces derniers voient déjà leur enfant revêtir une robe d’avocat, une blouse de médecin, mais pas une tenue d’éboueur. Alors, ces adolescents donnent tout ce qu’ils peuvent pour ne pas décevoir leurs proches. Mais en réfléchissant bien, est-ce réellement le métier dont rêvent leurs parents qu’ils souhaitent faire ?

Il y a ceux qui trébuchent : ils ont les capacités "intellectuelles" mais le rythme est trop rapide. Pris de découragement, ils n’ont pas la force d’aller plus loin, se disant que la barre est bien trop élevée, alors qu’en fait, il ne s’agit que d’une question de temps. Ils s’orientent vers la voie qui leur semble la meilleure, et pourtant... Ils exerceront un métier qu’ils auront plus ou moins choisi, à défaut d’une autre activité professionnelle qu’ils souhaitaient pratiquer. Ils n’auront pas eu la chance d’étudier à leur propre cadence. Ils doutent encore de leurs aptitudes cérébrales, "à quoi bon"...

Puis il y a ceux qui décident très jeunes le travail qu’ils veulent faire : rien ni personne ne pourra les influencer, ils sont déjà motivés par l’amour du métier qu’ils rêvent d’exercer : qu’importe l’étiquette sociale qu’on leur collera : ils seront agriculteurs ou astronomes, sapeurs-pompiers ou chercheurs au C.N.R.S. Seule la passion de leur profession les animera. Ils ne chercheront pas la lumière extérieure pour les faire briller : ils seront en quête de cette lueur intérieure qui leur permettra d’évoluer dans la vie professionnelle qu’ils auront choisie.

Dès notre plus jeune âge, nous sommes pris dans le tourbillon de la vie. Nos moments de réflexion - et de prise de conscience - sont si rares et tout va si vite !

Et si nous prenions le temps pendant nos heures de "liberté" de satisfaire notre curiosité pour découvrir nos facultés et nos possibilités latentes ? Après plusieurs expériences, nous saurions peut-être dans quel domaine nous excellerions. Bien entendu, nous ne devons pas avoir peur d’oser choisir même la voie qui nous paraît la plus inaccessible. Quel bonheur de pouvoir jouer du piano, par exemple...Oui, mais nous pensons que ce n’est réservé qu’aux talentueux...L’envie d’apprendre à jouer de cet instrument nous titille. Pour savoir quel genre de pianiste nous sommes, il n’y a qu’à essayer, qu’importe le résultat ? C’est une expérience à tenter : elle nous enrichira. Puis nous saurons où nous situer par rapport à l’expérimentation vécue. Elle nous aura comblés ou non, elle nous aura peut-être aussi dévoilé un don que nous ne nous connaissions pas.

L’échec ? Il n’y en a pas. Au contraire, c’est merveilleux d’avoir osé. Si le résultat obtenu n’est pas celui que nous escomptions, il nous suffit de tourner la page et de passer à autre chose. Commençons par choisir des domaines à notre portée - financièrement aussi. En fait, toute notre vie peut être une école. Trop de normes, trop de stress, pas assez d’estime personnelle nous ont bloqués dans notre recherche spirituelle : nous ne savons pas ce que nous valons, nous passons à côté de l’essentiel : le plaisir, celui de faire, celui de créer et celui d’être émerveillé, juste pour notre satisfaction.

Peut-être découvrirons-nous avec stupéfaction ce qui était bien enfoui au fond de nous : chacun est doté d’un talent ou d’un don. Laissons-nous guider par notre intuition, et osons expérimenter nos aptitudes en toute humilité.

L’échec s’avère être quelquefois l’anti-chambre de la réussite...

Qu’il serait bon que nous nous disions que nous n’avons de compte à rendre à personne qu’à nous-mêmes !

 

 

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Auteur: Brigitte Cordonnier

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