L'essentiel est merveilleux

Editions QUINTESSENCE    

FRANCE

L’IGNORANCE

 

 

"la curiosité bien employée  mène au plaisir d'apprendre"

 

C’est inimaginable tout ce que l’on pourrait nous faire croire. J’en veux pour preuve et pour exemple, la psychose qui s’est installée chez certains avant la dernière éclipse. Pourquoi serait-ce la fin du monde après un tel évènement ? - de toute beauté d’ailleurs.

Sur quels critères se sont fondés les fameux annonciateurs de l’apocalypse et leurs comparses ?

Sommes-nous si ignorants pour ne pas comprendre qu’ils s’enrichissaient de nos phobies et de notre naïveté...

La sortie de leurs livres dévoilant leurs pouvoirs de prédiction était prévue depuis longtemps. Quelle aubaine cette éclipse qui a eu lieu juste quelques mois avant l’an 2000, cette année qui nous fait "basculer" dans le nouveau millénaire, cette année annonciatrice d’événements si possible les plus horribles, pour attirer la curiosité des gens. Mais est-ce si étrange qu’après le nombre 1999, vienne celui de 2000 ou est-ce simplement la continuité des années que nous comptons depuis la naissance du Christ ? Combien ont-ils perçu d’argent, tous ces soi-disant "astrologues", "voyants" et autres adeptes de l’occultisme, lorsqu’ils ont été invités dans certaines émissions télévisées ? Nous ne le savons pas et nous ne sommes pas près de le savoir...Nous pouvons quand même nous en faire une petite idée lorsqu’ils sont interviewés à leur domicile : l’exploitation de la peur et de la crédulité humaines sont un bon gagne-pain... Comme tout ce qui est "paranormal" fleure bon le mystère, nous pouvons être tentés de croire à ce qui sort de l’ordinaire - qui d’ailleurs, pour certains, n’a rien de très excitant. C’est étudié et calculé minutieusement ; chaque évènement insolite suscite des questions, et c’est normal, puisque telle est faite la curiosité humaine . En fait, nous voici donc tous égaux devant ce gigantesque point d’interrogation : de quoi demain sera-t-il fait ? Cela éveille chez quelques-uns l’envie de consulter des "mages" et d’autres "médiums" pour espérer contrôler le futur qui leur échappe. Ce "business" est, à l’heure actuelle, en pleine expansion.

Notre candeur fait naître chez certains la possibilité et l’opportunité d’en tirer de larges profits financiers. Aujourd’hui, l’ignorance est exploitée dans tous les domaines : les arnaques prolifèrent et, si nous ne sommes pas assez vigilants, si nous nous laissons emporter sans avoir pris un temps de réflexion, l’erreur est commise et, trop souvent, nous n’avons aucun recours contre elle. Nous sommes victimes de machinations diaboliques et hautement calculées. L’erreur étant humaine, elle est convoitée habilement et fait accroître les bénéfices de qui saura les manipuler.

L’ignorance n’est pas une fatalité, mais si nous ne savons pas dire "non", d’une façon catégorique, nos doutes sont les gages assurés d’une supercherie qui se met en marche. Les malins, les rusés savent nous envoûter en nous berçant de belles paroles qui nous font miroiter monts et merveilles. Ils parlent un langage différent du notre, étudié pour nous sous-estimer : nous entrons dans un domaine que nous ne connaissons pas et le piège commence à s’ouvrir, lentement mais sûrement . Notre faiblesse, celle de ne pas oser dire "non" , est largement prise en compte . Il n’y a qu’à regarder qui sont les premières victimes de ces fabulateurs, sans aucune conscience et que le pouvoir de l’argent rend démoniaques : ce sont les personnes âgées les premières visées. Elles sont les proies idéales d’escroqueries qui ont été préméditées. Elles sont appâtées, et quelquefois harcelées ; malheureusement, elles se retrouvent lasses de ne plus pouvoir tenir tête face à leurs interlocuteurs dépourvus de tout sens moral; alors elles capitulent. Elles n’ont plus la force de prolonger des dialogues interminables : elles se retrouvent ainsi malgré elles, victimes et dépouillées de plus ou moins grandes sommes d’argent.

La disparition du franc et l’apparition de l’euro vont probablement faire développer chez certains l’art et la manière de s’enrichir au détriment de pauvres personnes perdues à l’approche de l’utilisation de cette nouvelle monnaie.

Nul doute que quelques uns ont trouvé l’astuce d’exploiter l’ignorance des plus faibles : l’opportunité est belle à saisir

Que pourrions-nous faire devant tant de duperies ? Savoir s’affirmer, développer le courage d’utiliser le pouvoir de dire "non", chez nous et chez les autres. C’est comme monter à bicyclette : au début, on cherche un peu l’équilibre, puis à force de persévérance et d’entraînement, la stabilité vient toute seule naturellement. Ceux qui veulent nous endoctriner se retrouvent désorientés, ils n’ont pas l’habitude qu’on leur résiste. Nous nous trouvons dans la situation inverse de celles qu’ils avaient imaginée : nous sommes les dominateurs. Nous exigerons alors des explications concrètes, sans verser un seul centime, et nous solliciterons avec fermeté un laps de temps plus ou moins important, pour nous donner toute la réflexion qui nous est indispensable, pour, par exemple, acquérir un objet d’une très grande valeur marchande. Si nos interlocuteurs, véritables marchands de bonheur virtuel ne veulent pas de nos exigences, nous saurons alors leur dire que nous serons capables de trouver mieux et ailleurs. C’est notre atout et nous avons le droit de nous en servir. C’est à nous de dicter nos conditions. Aujourd’hui, le client n’est plus "roi", mais bel et bien "victime potentielle".

C’est peut-être avoir une volonté féroce et beaucoup de caractère d’oser agir ainsi, mais on a rien sans rien. Il s’agit moins d’être méfiant, que d’être vigilant. C’est aussi imposer son rythme : qu’importe ce que pourra penser l’autre ?

L’ignorance fait des ravages. Le manque de temps y contribue Chacun peut apprendre a sa cadence. Chaque jour que nous vivons, est là pour nous faire apprendre les milliers de choses que nous ne savons pas. Nous ne devons pas nous limiter à ce qui est superficiel, mais bien nous centrer dans nos recherches quotidiennes. C’est merveilleux d’enrichir notre savoir personnel, non pas pour nous flatter, mais pour nous faire plaisir. Sachons saisir toutes les occasions qui se présentent à nous et qui nous permettent d’étudier chaque jour un peu plus. Sachons aussi nous servir de nos connaissances pour aider ceux qui en ont besoin, sans jamais nous sentir supérieurs, mais en tendant juste la main par amour.

Parlons maintenant de l’ignorance spirituelle : au lieu de chercher et d’expérimenter, certains sont catégoriques : ils ne croient qu’en ce qu’ils voient. Ce n’est pas difficile. Il n’y a pas d’effort à faire.

Et si un monde invisible nous entourait ?

Nous voici plongés dans le domaine de l’abstrait. La non-existence de quelque chose ne se prouve pas scientifiquement. Nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses et dresser des constats.

En revanche, nous pouvons écouter ce que certains chercheurs osent avouer avec sincérité et humilité. Par exemple, comment fonctionne notre cerveau ? Certains supposent que cet organe n’est pas employé à cent pour cent de ses capacités. Il détient des mystères que l’être humain n’a pas encore percés.

Nous voici au seuil d’une ignorance : il ne nous reste plus qu’à  faire des remarques sur phénomènes étranges qui surviennent dans notre existence, et que nous n’osons pas dévoiler.

Sans jouer à l’apprenti sorcier, ce peut être très passionnant.

Il est à noter, que récemment la médecine, en France, commence à s’intéresser à la relation entre le corps et l’esprit et aux aspects psychosomatiques de certaines pathologies. Quelques docteurs considèrent les individus comme des êtres souffrant autant dans leur âme que dans leur chair. Ils regardent de très près le rôle que joue le mental dans le processus de la guérison. Ces médecins prennent le temps de parler aux malades et n’envisagent plus ceux-ci d’un point de vue strictement médical comme de simples organismes : ils cherchent à savoir comment l’esprit s’exprime à travers le corps humain. Même si ce ne sont que les balbutiements d’une nouvelle médecine, elle est à prendre avec une très grande considération.

Chaque individu est doté d’un instinct. Il se développe plus chez certains que chez d’autres. Nous émettons et recevons des vibrations. Nous les percevons plus ou moins. Une trop forte personnalité empêche notre intuition de nous guider. Au lieu d’aider celle-ci à s’épanouir, nous la bloquons par nos jugements hâtifs.

Personne ne peut affirmer, non plus, que la pensée est une énergie. Ce serait tomber, une fois de plus, dans le paranormal.

Mais qu’est-ce qui est "normal" ? Tout ce que le genre humain a décrété l’être. Tout ce qui ne peut être concrètement justifié n’est pas reconnu. Il faut toujours des preuves tangibles.

Peut-on se rendre à cette évidence : nous ne savons pas grand chose ?... Il est quand même agréable de voir que les mentalités ont tendance à changer : les gens osent parler. Ils ont moins peur d’être ridiculisés qu’autrefois. Chacun peut raconter les phénomènes étranges qu’il a vécus sans pour cela être considéré comme un aliéné. Si, pour comble de hasard, il entend quelqu’un raconter le même événement, il s’en trouve rassuré.

Il n’y a pas si longtemps, les gens étaient convaincus que la Terre était plate. Il n’avaient qu’à avancer un pied devant l’autre pour s’assurer de la véracité de leurs propos.

Au terme de longues années de réflexion et d’études, dans les années 1500, un astronome polonais COPERNIC affirma que la terre était ronde et démontra le double mouvement des planètes sur elles-mêmes et autour du soleil. Il lui fallut bien du courage. L’hypothèse du mouvement de la Terre et des autres planètes autour du Soleil fut l’objet de nombreuses critiques, notamment celle de l’Église. COPERNIC déniait ainsi à la Terre tout rôle privilégié dans l’Univers. Ce ne fut qu’après l’invention de la première lunette astronomique par GALILÉE en 1609 à Venise, que la validité de sa découverte fut définitivement reconnue. En rompant avec la conception géocentrique du monde de PTOLÉMÉE, astronome grec qui vécut au IIème siècle après JÉSUS-CHRIST, l’oeuvre de COPERNIC a marqué un tournant dans l’histoire de la pensée et du progrès scientifique.

L’ignorance et l’illusion sont des fléaux encore actuels. Le monde évolue sans cesse et ce n’est pas fini. Arrêtons de nous fixer des limites : sachons tirer des leçons des erreurs du passé et mettons à profit notre curiosité. Elle engendre, lorsqu’elle est bien employée, le bonheur d’apprendre de merveilleuses choses chaque jour.

 

 

suite

Auteur ; Brigitte Cordonnier

Copyright Le Royaume chez Rubis