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L'essentiel est
merveilleux
Editions
QUINTESSENCE
FRANCE
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LA
PERFECTION |
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"La
vie n'est pas statique comme un visage lifté. Tout est
en perpétuelle évolution en nous et autour de
nous."
Notre petite enfance avait déjà été
l’école des interdits, à juste titre, la plupart du
temps, puisque normalement elle devait nous mettre en
garde contre les dangers potentiels qui nous
entouraient. Qu’il était doux de penser que l’âge
adulte nous ouvrirait les portes de la liberté !
Les années ont passé et nous voici
prêts à entrer dans les "normes" dictées
par la société : il ne faut pas être gros, il ne faut
ni boire, ni fumer et par dessus tout, il faut paraître
plus jeune que l'on est. Un véritable parcours du
combattant nous métamorphose en guerrier : nous voici
en lutte contre nous-mêmes !
L'automne et l'hiver précédents ont
été une période de relâche. A cette époque les
rondeurs étaient dissimulées sous des pull-overs plus
amples, la baisse de la température extérieure ne nous
incitait guère à flâner dans les rues, nous attirions
moins les regards. Il était pourtant très agréable et
sans doute rassurant de savoir que l'on pouvait séduire...
Le froid aidant, nous accélérions le pas pour pouvoir
rentrer chez nous avec la perspective de nous blottir
agréablement dans la chaleur de notre petit nid
douillet.
Un léger laisser-aller s'était
installé pendant cette saison hivernale, que l'on peut
apprécier si l'on est alors entouré de chaleur
humaine.
Dès le printemps, la tiédeur de la
saison nous incite déjà à porter des vêtements plus
légers qui dévoilent davantage les courbes de notre
corps.
Le beau temps revient
"normalement" aux environs du mois de mai (le
climat atmosphérique est en train de changer. Nous
entrons dans l'ère du Verseau... En Europe, des pluies
diluviennes, des mini-tornades et des tempêtes sont de
plus en plus fréquentes. Elles sont peut-être les
signes annonciateurs d'un cycle qui prend naissance
insensiblement : celui du "verse eau". Il était
important d'ouvrir cette parenthèse, car nous entendons
souvent dire "qu'il n'y a plus de saisons". Le
rythme de celles-ci n'est plus "parfait" et
tend à se transformer... il ne faut pas éluder le fait
que la pollution accélère le réchauffement du climat
atmosphérique de la Terre). En période printanière,
la chasse aux kilos est ouverte : il serait temps de
commencer à évaluer les dégâts provoqués par toutes
les bonnes choses sucrées et graisseuses que notre
corps a stockées précédemment : les kilos superflus
sont là. L’heure du régime a sonné. Les
restrictions alimentaires commencent et si elles ne
suffisent pas, nous achèterons de la poudre de
perlimpinpin vendue au prix du kilo de caviar, afin de
pouvoir retrouver une belle silhouette mince, très
mince ! Qu’importe la forme sous laquelle on nous
l’aura promise puisque nous l'achèterons : une gélule,
une pilule, ou autre "remède" feront
l'affaire pourvu que la graisse fonde. Il ne faut
surtout pas être potelé, encore moins être gros ! Les
adeptes du culte de la minceur nous ont dit que c'était
laid...
C'est disgracieux un corps qui a des
formes ! C'est ce que l'on veut nous faire croire pour
adopter cette nouvelle religion... Ce qui est étrange,
c'est qu'il y a quelques siècles, des peintres ont pris
pour modèles des femmes aux formes généreuses...
Elles sont tellement belles ces femmes ,
qu’aujourd’hui ces oeuvres d'art valent des
fortunes. Quelques milliardaires se damneraient pour
acquérir tous les tableaux de RUBENS. Personnellement,
je n'ai pas encore vu de toiles représentant les
mannequins qui défilent aujourd'hui pour des grands
couturiers ! Le fait est qu'il n'y a pas grand chose à
peindre, hormis un tas d'os agrémenté de quelques
formes remplies de silicone...
Les choses ont changé. Actuellement,
il faut ressembler à des androïdes. Il paraît que
c’est beau. La mode est éphémère et qui peut nous
dire à quoi nous "devrons" ressembler dans
dix, quinze, ou vingt ans ! Nous nous occupons beaucoup
de notre physique pour paraître et nous négligeons la
santé de notre âme nécessaire pour être. Aucune
publicité ne vante les mérites d’un baume
embellisseur pour soigner et entretenir notre
spiritualité : elle a besoin d'être alimentée, elle
aussi, si l'on veut qu'elle subsiste ; elle se nourrit
d’Amour, tout comme le corps physique. Qu'y a-t-il de
plus agréable pour nos papilles gustatives que de
savourer par exemple, un succulent petit plat concocté
avec gentillesse par notre mère, notre grand-mère ou -
pourquoi pas - par nous-mêmes. Certains gestes aussi
simples que celui-ci se raréfient, on nous propose
mieux, plus rapide, voire même parfait : en peu de
temps, nous pouvons nous procurer dans le premier
supermarché du coin, n’importe quelle spécialité
culinaire qu’il nous restera à passer quelques
instants au four à micro-ondes. Le tout sera englouti
devant la télévision... Et nous voudrions que notre
santé physique et spirituelle s'harmonisent ! Où est
le plaisir de goûter aux nourritures terrestres dans de
telles conditions ? Les épicuriens enrobés sont montrés
du doigt : leur joie de manger irrite les
inconditionnels des régimes en tout genre ; ils
deviendront peut-être un peu plus gros que la
"normale", ils seront les sujets de
railleries, de réflexions blessantes. Mais qui se
permet généralement de les critiquer ? La plupart du
temps, les frustrés, ceux qui se torturent pour éviter
d’ingérer toute calorie superflue qui pourrait nuire
à leur "image", surtout celle que leur miroir
leur renvoie : celle d’un corps parfait sans aucun
bourrelet, joli à l’extérieur mais puni et dépouillé
car il n'a pas accès aux délices de la vie. Les
papilles gustatives de ces personnes sont au repos
depuis longtemps, elles se contentent si souvent d’une
feuille de salade, d’un oeuf dur et d’un sachet de
poudre miraculeuse à délayer dans de l’eau, ou, dans
le meilleur des cas dans du lait écrémé ! Il ne
restera plus qu’ à avaler cette substance chimique,
qui garantit de rester mince sans se priver. Quel beau
programme en perspective!
Ce genre de comportement tourne
quelquefois au cauchemar. Comment s’en étonner :
comment peut-on vivre sans plaisir ? Le corps et l’âme
finissent un jour ou l’autre par se révolter.
Le résultat de cet idéal de
perfection s’avère parfois être désastreux.
L’anorexie et la boulimie guettent sournoisement
certains adeptes de ce mode d’alimentation. Les plus
faibles, les plus vulnérables sont prêts à faire
n’importe quoi pour entrer dans les normes de la
perfection. Ressembler, paraître et oublier d’être,
ne pas s’accepter tel que l’on est : cela peut être
un manque d’estime de soi , alors le corps et l’âme
souffrent généralement en silence. Il n’est pas rare
de voir des jeunes - et moins jeunes aussi quelquefois -
arriver dans un état lamentable chez des médecins spécialisés
dans la diététique et la nutrition pour réapprendre
à se nourrir correctement. Ceci est bon pour le corps
physique, mais pour rétablir l’harmonie avec le
mental, il faut surtout du temps pour apprendre à
s’aimer soi-même, se complimenter d’être ce que
l’on est au lieu de s’autodétruire en voulant sans
relâche ressembler à quelqu’un d’autre. L’amour
prend une grande place dans ce genre de reconstruction :
ce corps est trop fatigué d’être torturé, éreinté
de lutter contre les délectations dont il est privé.
C'est le prix à payer pour être doté une enveloppe
charnelle impeccable,
qui - faut-il le rappeler - est le véhicule
d'une âme !
Tout est soigneusement calculé pour
nous endoctriner: on nous montre ce qui est beau, ce qui
est laid , et quelles formes stéréotypées doivent
nous servir d'exemple pour que nous soyons qualifiés de
"parfaits" ! On nous inculque insidieusement
la notion de ce qui convient ou ne convient pas.
Donnons-nous un peu de temps , pensons
et choisissons nous-mêmes ce que nous préférons, ce
qui nous satisfait pleinement et qui comble de bonheur
notre corps et notre esprit. Accordons-nous le droit au
plaisir qui nous rend heureux, sans nous soucier du
regard des autres. Rétablissons le contact entre notre
âme et notre organisme physique.
Tous les critères de beauté qui nous
sont imposés, sont ceux d’une mode de plus ou moins
longue durée ; être à la mode, c’est être branché,
dans le vent, quitte à être ridicule, mais surtout
pour ne pas se sentir marginalisé, c’est tellement
rassurant de faire comme tout le monde ! Ces états d’âme
sont largement pris en compte et sont exploités
probablement dans un but bien défini : le côté
commercial est gigantesque.
Abordons maintenant un sujet très
actuel, très en vogue : Le culte de l'apparence et de
la jeunesse, celui qui compte de nouveaux adeptes chaque
jour. Il semblerait que notre société soit touchée
par une nouvelle discrimination. De multiples exemples
tendent à démontrer qu'il ne fait pas bon aujourd'hui
d'avoir plus de 40 ans ! Les habitudes de consommation,
la mode vestimentaire, la nostalgie des années passées
dessinent une nouvelle génération. Certains
psychologues constatent une crise qui survient après la
quarantaine. Ils lui ont donné ce nom : "l'adultolescence".
C'est un mal-être qui touche les adultes qui refusent
de vieillir et qui s'angoissent devant les effets du
vieillissement. Ils ne supportent plus leur corps
physique et sont prêts à toutes les folies pour
redevenir jeunes. Ils sont à l'affût de la dernière
technologie qui perfectionnera leur apparence. Paraître
est leur seul credo.
"L'adultolescence"... Ce
mot, fera-t-il prochainement son entrée dans nos
dictionnaires ?
Quelle en sera sa définition ?
"Crise de l'adulte caractérisée par la phobie de
vieillir, reconnaissable à son lifting, à ses diverses
parties du corps déformées par du silicone, à sa
liposuccion et autres signes extérieurs de
jeunesse"
Un long parcours du combattant point
à l’horizon : celui de défier le temps. Est-ce
l’idée de vieillir qui nous apparaît comme la pire
des ennemies, ou est-ce l’image que la société nous
en donne ?
Vient le temps de la première ride.
Non!...Déjà, ce n’est pas possible ! Il faut vite
courir dans un institut qui comblera cette petite faille
avant que les autres ne s'en aperçoivent !
Il faut bien admettre une chose, le
temps passe très vite, pour tout le monde.
Sournoisement, cette marque de vieillissement a fait son
apparition, nous ne l’avions pas encore remarquée,
nous avions certainement autre chose à faire: la
recherche d’un emploi, l’éducation des enfants, ou
autres centres d’intérêt nous ne nous laissaient pas
trop de temps pour nous observer de si près. Mais elle
est bien présente cette ride, et de plus, elle
s’intensifie ! Pas de doute, il faut l’éliminer.
Pommades et lotions seront les bienvenues pour éradiquer
cette évidence : nous vieillissons. La période jeune
et dynamique va commencer à s’éloigner. Elle sera,
au fil du temps qui passe, de plus en plus loin derrière
nous.
Voici qu'au seuil de ce nouveau millénaire,
deux possibilités nous sont offertes :
Accepter ce que l’on devient et
l’âge que l’on a, savoir que notre visage se
modifiera, jour après jour. Il va changer, se
transformer, indubitablement - tout comme le reste de
notre corps. Les larmes que nous avons versées et qui
l’ont inondé , les sanglots qui l’ont contracté,
les rires qui l’ont secoué lui ont laissé des traces
: traces de vie , d’émotion, de bonheur, de joie, de
peine, de peur et d’angoisse. Tous ces jours vécus,
quelquefois radieux, parfois sombres ont donné à notre
cher visage l’expression qu’il a aujourd’hui.
Désormais, il ne reflétera plus la jeunesse que nous
avons vécue aussi. Le passé est derrière nous, nos
vingt ans avec. Comment pouvoir vivre avec un visage
exprimant la jovialité, alors que nous avons la
quarantaine ou plus...Où seront nos empreintes, nos
repères ? Regardons attentivement nos parents, nos
grands-parents qui, à leur époque n’avaient pas le
choix, et qui ne se posaient peut-être pas tant de
questions...Sont-ils si laids que ça ? Nous avons
tellement de plaisir à les regarder , à les embrasser
ces visages pleins de tendresse ! Nous nous sentons bien
près d’eux. Ils ont vécu et ça se voit : leurs yeux
sont un peu plus plissés d’avoir tant vu , tant
observé, leur bouche un peu plus flétrie d’avoir
souri, d’avoir parlé, d’avoir embrassé et
d’avoir mangé aussi... Leur dos est un peu plus
voûté. Il a plié sous les fardeaux des mauvais jours
: c’est le témoignage d’une vie remplie. Et
peut-être se seront-ils dit "ne nous plaignons pas
de vieillir, un tel privilège n’est pas accordé à
tous". Observons encore un peu leur regard
pétillant lorsqu’ils sont heureux. D’accepter la
loi de la nature ne leur enlève pas leur joie de vivre
encore.
Certains avouent, avec un humour
sublime, être bien dans leur peau et qu'ils n'ont pas
du tout envie de se la faire tirer !
On aime aussi s’amuser quand on
n’a plus vingt ans ! On éprouve aussi le besoin
d’aimer et d’être aimé. Mais il ne s’agit plus
de prouver quoi que ce soit, ni à soi, ni à l’autre
: la période des prouesses sexuelles est déjà loin
derrière eux. Mais une autre forme d’amour a pris
naissance, beaucoup plus spirituel. L’amour le plus
pur, le plus vrai, le plus sincère. La perfection n’a
plus lieu d’être. Les artifices se sont éteints. Il
s’agira peut-être alors de l’harmonie de deux corps
et de deux âmes qui, à l’automne de leur vie, auront
encore envie de se dire : "Je t’aime tel que tu
es devenu" Il ne serait probablement pas convenable
de penser qu'eux aussi ont pu séduire, et qu’à leur
tour ils ont été séduits ! Et pourtant, ils ont été
jeunes bien avant nous...
Chaque étape de notre vie nous fait
aimer différemment. L’amour physique tient une grande
place et est très important au moment de
l’adolescence, puis dans l’âge adulte ; tout comme
se nourrir, faire l’amour fait partie des plaisirs de
la vie et de nos besoins vitaux. Nous sommes ainsi
faits. Puis il s’estompe au fil du temps qui passe, et
devient plus spirituel. Mais rarement est abordé le
sujet de l’amour, quand on a passé le printemps, l’été
puis l’automne de la vie... On ne parle pas de la
sexualité des gens qui deviennent vieux, parce que
c'est un sujet tabou...
Est-ce que le verbe aimer disparaît
lorsque l'on vieillit ? C'est à croire que cette énergie
- car l’amour est une formidable énergie - n’est réservée
qu’aux jeunes ! Mais c'est en avançant dans l'âge
que l'on s'aperçoit qu'il y a mille et une façons
d’aimer : un regard, un sourire, une parole, un geste
tendre... Avoir le bonheur de tenir l'autre dans ses
bras, savourer sa présence et le bonheur d'être encore
ensemble après tant d'années passées côte à côte...
Ce sont des actes que l'on peut renouveler chaque jour.
Il ne reste plus qu’à les comprendre et les interpréter.
Cette peur de vieillir a suscité chez
certains, l’occasion de développer une immense
commercialisation de produits en tout genre : voici
arrivées les nouvelles pilules anti-vieillissement,
elles s’installent lentement mais
sûrement : la quête de l’éternelle
jeunesse a commencé. Serait-ce la crainte de ne plus se
sentir désiré, ou encore cette angoisse d’être
rejeté, qui fait défier le temps chez certains
d’entre nous ? Comment croire que nous serons éternellement
jeunes, éviterons-nous de parler d’un fameux sujet
tabou : celui de la fin de la vie ?...
Comprenons maintenant ceux et celles
qui ne peuvent résister à la tentation : avec tous les
moyens qui nous sont offerts à l'aube de ce XXIème siècle
- et si financièrement nous en avons les moyens - nous
pouvons accéder à ce désir suprême : rester jeune,
ou, soyons corrects, paraître plus jeune.
Retrouver cette peau lisse comme
auparavant, qui ne nécessitait aucun entretien compliqué.
De l'eau chaude et du savon étaient amplement
suffisants. Voici maintenant les quinquagénaires devant
un visage qui ne leur plait guère : des sillons se sont
creusés autour de leurs yeux. Les paupières sont marquées
de petits plis et, pour comble de malheur, elles
commencent à "tomber" ! Cette envie de rester
jeune revient au galop, tout comme celle de pouvoir se
dire qu'ils sont encore séduisants ; attirer le regard
des autres, serait-ce une façon de se sentir exister ?
Tous ces états d'âme perturbent les plus faibles et
indécis, qui ne résistent pas à la tentation :
pourquoi ne pas profiter - si leur compte en banque est
suffisamment garni - de tout ce qui est offert pour
courir après l'éternelle jeunesse ? C'est indéniable
: après avoir passé des mois, peut-être des années
à s'enduire de pommades de jour, de crèmes de nuit, de
masques à base de fruits ou de légumes, de lotion
anti-rides, de crayons anti-cernes et d'autres produits
anti-quelque chose censés faire des miracles, le jour
"arrive" ! Les heures passées dans la salle
de bains, transformée en véritable en laboratoire, ne
suffisent plus. Le temps a fait son oeuvre et la loi de
la gravité est la même pour tout le monde : passé un
certain âge, tout tombe ! Malgré tous les soins
prodigués, y compris ceux d'une excellente esthéticienne,
c'est un visage flasque - et le reste aussi - qui
regarde ces quinquagénaires de l'autre côté du
miroir, et ce visage, c'est bien le leur. Moyennant une
petite fortune, plus ou moins grande selon les
"ravalements" à effectuer, ils passeront
entre les mains d'un chirurgien esthétique : avec du
vieux, il fera du neuf. Ils se réveilleront ravis
d'avoir de nouveau vingt ans - en apparence - dans un
corps qui en a vécu le double ou un peu plus. Le côté
"miracle" a bien fonctionné. Bien sûr, ils
ne sont plus, ils paraissent, ils ont juste changé
d'image physique. Qu'importe, puisqu'ils susciteront
alors des regards interrogatifs, mais l'essentiel est
qu'ils attirent - enfin - l'attention des autres. Les
voici penchés sur des photos de famille prises récemment
: il est désormais moins facile de savoir qui est qui.
La mère ressemble étrangement à sa fille, tant et si
bien que l'on croirait voir deux soeurs ! Mais ce qui
surprend, c'est que le visage de l'adolescente en
question est expressif et animé d'une âme, alors que
le sourire de la mère semble figé. On ne voit pas de
traces de vie sur cette figure trop lisse, presque trop
parfaite. Il faut, probablement être armé
psychologiquement pour assumer un tel décalage. Est-ce
que le mental arrive à suivre le physique et, si oui,
combien de temps ?
Quand nous allons à contresens de
quelque chose qui est naturel, n'y a t-il pas une prise
de risques inconsidérés, avec peut-être un prix à
payer ?
C'est un fait aujourd'hui nous avons
le choix d'accepter ou de refuser ce que nous sommes
devenus : notre corps et notre âme évoluent tout au
long de notre vie. L'un comme l'autre ont besoin d'amour
: de notre propre amour, de notre estimation. Personne
n'est parfait : quel que soit son caractère ou son
physique, l'être humain doit être respecté tel qu'il
est.
Combien de fois se dit-on : "je
m'aime comme je suis" ? - très ou trop rarement.
Avons-nous la force de nous dire que nous avons changé,
et, qu'en fait, nous nous sentons plus épanouis ?
La vie n'est pas statique comme un
visage lifté, bien au contraire. Tout est en perpétuelle
évolution en nous et autour de nous, encore faut-il en
prendre conscience.
Mais rendons à César ce qui est à César
: la chirurgie esthétique est une bénédiction pour
les véritables accidentés de la vie.
Nous venons sur terre pour évoluer,
chacun à son rythme ; vouloir paraître jeune et tenter
de le rester n'est pas naturel en soi.
Refuser le temps qui passe, c'est ne
pas accepter les étapes à franchir qui nous sont données
au tout début de notre vie. C'est un peu comme si l'on
décidait de vivre toujours à la même saison - le
printemps en l’occurrence. Pourrait-on l'apprécier éternellement
ou nous faut-il d'autres cycles pour en ressentir toute
sa valeur ?
Quand à la "beauté", elle
sous-entend injustement la perfection. La notion et la définition
que nous en avons n'est pas la même pour tout le monde.
Seuls nos yeux estiment ce qui leur est agréable à
regarder : il n'y a aucun critère de beauté, en
revanche, l'éclat extérieur de certaines personnes
reflète leur magnificence intérieure. Elles n'ont rien
d'un "top Model" mais elles sont belles et
leur rayonnement nous atteint.
Ce n'est pas ce qui est beau que l'on
aime, c'est ce que l'on aime qui devient beau... Le plus
petit brin d'herbe est aussi important, aussi beau et
aussi utile que la plus majestueuse des étoiles.
Avant de conclure ce chapitre,
j'aimerais citer la définition exacte du mot
"perfection" :
Perfection : qualité,
état de ce qui est parfait, qui n'est pas susceptible
d'amélioration.(7)
Sommes-nous à l'aube d'un monde qui
se veut être parfait ? Ne serait-ce pas triste et
ennuyeux de vivre dans un univers qui cesserait de s'améliorer
? Reconnaissons avec amour toutes ces petites
imperfections qui, au contraire, nous font accepter les
différences. Elles sont le gage assuré que chaque être
humain est unique sur terre, d'où l'importance qu'il a
le droit d'exister tel qu'il est.
"Il y a dans les hommes plus de
choses à admirer que de choses à (8) Albert CAMUS
"La peste" Éd. Gallimard 1947
mépriser" (8)
(7) Le Petit Larousse (Grand format)
Éd. LAROUSSE 1995
(8) Albert CAMUS "La peste"
Éd. Gallimard 1947

suite

Auteur: Brigitte
Cordonnier
Copyright Le Royaume
chez Rubis
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