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L'essentiel est
merveilleux
Editions
QUINTESSENCE
FRANCE
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PRÉFACE |
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Pendant longtemps, j’ai voulu
changer le monde : incertaine et rarement satisfaite, je
désirais que tout bouge autour de moi. Je portais des
jugements, je critiquais, je désirais tellement vivre
dans un "monde meilleur" !
Je voulais que mon entourage soit
comblé, et moi aussi je courais après le bonheur. je
voulais tant de choses...
Je conjuguais inexorablement le verbe
VOULOIR.
Je cherchais à l’extérieur des
solutions possibles pour apaiser mon mal de vivre. Et
pourtant, je n’avais qu’un seul et unique but :
celui d’être heureuse. Combien de fois ai-je prié
pour que mes désirs soient exaucés...Je croyais en
DIEU. Jadis, je l’imaginais ainsi : c’était un
vieil homme à barbe blanche et aux cheveux grisonnants,
perché sur un nuage... Ma représentation concordait
avec ce que j’avais entendu dire. J’avais beau
scruter le ciel, je ne le percevais pas. Où était-il ?
Qui était-il ?
Lorsque j’entendais que le paradis
était réservé aux "gentils" et que les
"méchants" allaient directement en enfer,
Dieu signifiait le jugement et la punition... Je
refusais de croire ceux qui abusaient de son nom pour
affirmer ce genre de sentences qui mènent à la
culpabilité. Cela supposait que l’on ne devait jamais
faire d’erreurs... Combien de fois ai-je entendu,
lorsqu’un enfant faisait une sottise : "le Bon
Dieu te punira"... Au fond de moi, je ne pouvais
pas croire que Dieu était si sévère. Ces quelques
mots "au fond de moi" commençaient doucement
à faire jaillir une petite lueur qui quelquefois se
manifestait. Je laissai sommeiller cette sensation
pendant de nombreuses années. J’étais dénuée de
spiritualité. Ma vie me semblait fade et chaque épreuve
faisait s’installer le doute en moi. A plusieurs
reprises, lorsque j’étais tentée de baisser les
bras, une force surgissait au moment où je m’apprêtais
à sombrer dans la grisaille de la résignation.
L’amour de la vie, omniprésent, reprenait de sa
vigueur. D’où pouvait donc venir ce regain
d’enthousiasme ? Qui m’avait donné cette énergie ?
Paradoxalement, les moments de détresse
ouvraient ma conscience.
L’Amour que j’avais pour les
autres n’était pas géré correctement. J’avais énormément
d’attentes, et, pour être honnête avec tout le
monde, quand je donnais de mon amour, c’était, bien
entendu, pour en recevoir un peu en retour. Je suis
ravie d’avoir changé. Je ne me sers plus de l’amour
comme monnaie d’échange : je le donne sans compter et
sans rien attendre en retour.
A l’époque je ne fonctionnais pas
ainsi : je faisais maintes "pirouettes" pour
me faire aimer, je ne voulais pas me sentir rejetée. Je
n’étais pas moi-même, et je laissais végéter ma véritable
identité. J’étais "Madame tout le monde"
et je m’en contentais : j’étais rassurée, parce
que semblable aux miens. Maigre consolation, mais
consolation quand-même, puisque j’entrais dans les
"normes", c’était le principal.
Je n’aimais pas celle que j’étais,
et je pensais que de ne pas me l’avouer me
faciliterait la vie.
Des mois et des années passèrent, je
voyais qu’autour de moi ce n’était guère réjouissant,
mais cela me réconfortait :
je n’étais pas seule à errer dans
ce monde morose. Quelquefois aussi, je me demandais ce
que j’étais bien venue faire sur cette planète...
Les rares fois où j’étais réellement
heureuse, mes proches l’étaient aussi.
Une solution envisageable s’annonçait
: et si ce que je cherchais à l’extérieur de moi, se
trouvait, en fait, au plus profond de mon être : si je
prenais un peu plus de temps pour prendre soin de mon âme...
Et si en me remplissant de joie,
d’amour, de compassion et de sérénité, j’arrivais
à "déteindre" sur les autres ?
Pendant près de cinq ans, j’étudiai
mon environnement afin de mieux le comprendre, en évitant
de trop analyser ou intellectualiser ce que je découvrais.
Je dressai des constats sans apporter de jugements. Après
quelques mois de travail, je mis en pratique la théorie
suivante : puisque je ne peux pas changer le monde,
c’est moi qui vais changer : être et ne plus paraître,
m’estimer au lieu de me critiquer, rétablir
l’harmonie qui n’a jamais réellement existé.
J’étais en quête d’une vie plus
spirituelle, avec moins d’artifices et plus
d’authenticité.
En premier lieu, je devais gommer mes
anciennes pensées : elles n’étaient plus à
l’ordre du jour. Un travail long et assidu
m’attendait. Il y eut bien des moments de découragement
et de doute. Mais la persévérance fut mon alliée, je
n’avais rien à perdre.
Au fur et à mesure, j’appris la
base de ma "nouvelle vie" : certains jours
sont ensoleillés, certains autres nuageux, mais tous
ceux-là, je me dois de les vivre.
Les tempêtes furent très présentes
pendant cette période de recherche de bien-être. Je
soulevais l’incompréhension, voire même
l’indignation chez certains ; c’était l’un des
"prix à payer". J’étais jugée - et aussi
qualifiée d’égoïste. Mais ceux qui me connaissaient
vraiment me laissaient faire... Cette quête me menait
à l’altruisme. J’étais devenue insensiblement plus
agréable, plus détendue, et plus à l’écoute des
autres. Ces premiers changements me firent prendre
conscience qu’auparavant je ne m’accordais pas le
temps de vivre le présent intensément.
J’appris aussi que des moments de
silence étaient nécessaires pour me ressourcer, pour
me retrouver...Ce ne fut pas si
simple : la vie que nous menons est
assourdissante, surtout si nous sommes citadins. Nous
sommes perpétuellement entourés de bruits, nous ne
nous en apercevons pas, excepté lorsque ces tumultes
sont trop dérangeants - quelquefois à la limite du
supportable.
En m’imposant quelques plages de
silence autant de fois que je le pouvais, je m’aperçus
que j’observais et que j’écoutais mieux ce qui se
passait autour de moi : je m’ouvrais sur un monde que
je ne connaissais pas, faute de l’avoir bien trop vite
jugé. Il existe des gens merveilleux sur cette
magnifique planète, aujourd’hui je le sais et je
l’affirme. Si je ne les ai pas rencontrés avant,
c’est tout simplement que mon comportement ne s’y prêtait
guère. A force d’entendre autour de moi que le monde
allait de plus en plus mal, j’avais fini par le
croire, et pour me le confirmer, je n’avais qu’à
suivre les informations nationales sur mon écran de télévision.
Les bonnes nouvelles ne sont pas développées comme
elles mériteraient de l’être. Les individus
formidables, auteurs d’actions et de dévouement sont
très rarement médiatisés. Ils agissent dans
l’ombre, mais sont remplis d’Amour et de Lumière
qu’ils irradient autour d’eux. En revanche, les
horreurs et la misère sont exhibées : la souffrance se
vend bien. Pourquoi ? Parce que les téléspectateurs et
les lecteurs de journaux à scandale sont rassurés de
voir qu’il y a bien plus malheureux qu’eux...
N’est-ce pas là de l’égoïsme ?
Alors je cherche, je regarde, je découvre
et je m’éveille. Je prends conscience de la réalité,
et je m’aperçois que seule je ne pourrai pas sauver
le monde. Ce n’est pas en versant des larmes de sang
que les choses vont changer. J’ai de la compassion
envers ceux qui souffrent, et chaque fois que je peux
tendre la main, si minime soit le geste que je pourrai
faire selon mes moyens, j’offre mon aide par Amour et
non pas pour me donner bonne conscience.
Ce travail que je qualifie de
"spirituel", je continue à le faire
quotidiennement. Je sais maintenant, qu’il y aura des
jours radieux et d’autres plus gris. Avoir confiance
en l’avenir exige un mental positif.
N’est-il pas très simple
actuellement d’annoncer la probabilité d’une
apocalypse ? Les efforts demandés pour affirmer cette
éventualité ne sont pas difficiles à fournir...
L’imagination n’est pas sollicitée dans ce genre
d’exercice. C’est une activité très en vogue et
lucrative. Malheureusement, prophétiser des
catastrophes, c’est angoisser les gens par des prédictions
proclamées par quelques "voyants" qui ont,
probablement, une vie si triste qu’ils souhaiteraient,
peut-être, voir le monde s’écrouler en même temps
qu’eux... C’est émettre des ondes négatives de présager
sans cesse des cataclysmes ; il faudrait faire attention
à ce genre d’attitude car on ne connaît pas encore
quel peut être le réel pouvoir de la pensée. Qui
sait, effectivement combien de temps le monde gardera
l’équilibre fébrile dont il dispose aujourd’hui ?
Nous sommes entrés dans une nouvelle période : des
changements climatiques sont à prévoir ; la Terre évolue
doucement ; nous avons le temps de nous adapter aux
nouvelles variations atmosphériques ; ce n’est pas la
fin du monde, mais le début d’une nouvelle ère,
celle du Verseau, encore faut-il en être informé pour
en prendre conscience.
Regarder la réalité en face en
survivant aux folies de l’humanité demande une
certaine force mentale. Grâce à l’acquisition
d’une croyance, fondée sur l’espoir de voir naître
un monde plus spirituel et plus serein, il est possible
d’anéantir les pronostics pessimistes de quelques
uns.
Ne pas se faire d’illusion, prendre
conscience des faits réels sans les éluder, s’ouvrir
au monde et regarder toutes les beautés qui s’offrent
à nous pour les faire fructifier, tel est l’esprit
positif : l’entretenir est un gage de bien-être
personnel. Il l’est aussi pour ceux qui nous
entourent.
Je sais qu’aujourd’hui, je suis
seule maîtresse de mes pensées : plus elles seront
belles, saines et rayonnantes, plus je découvrirai que
l’essentiel est merveilleux.

suite

Auteur: Brigitte
Cordonnier
Copyright Le Royaume
chez Rubis
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