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L'essentiel est
merveilleux
Editions
QUINTESSENCE
FRANCE
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LES
TABOUS |
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"un
jour viendra où l'on pourra parler de tout sans honte
et sans peur"
Nous sommes entrés dans le XXIème siècle
et certains sujets tabous sont encore présents dans
notre vie de tous les jours! Voici un exemple qui démontre
bien les mentalités actuelles.
Arrivés sur notre lieu de
travail,nous constatons l’absence d’un de nos collègues.
Il est cloué au lit avec une angine accompagnée de
forte fièvre : nous pensons, d’une part qu’il fait
bien de rester chez lui , car nous faisons preuve de
compassion et estimons qu’il est plus sage qu’il se
repose ; d’autre part, d’un point de vue un peu plus
égoïste, nous préférons qu’il ne nous côtoie pas
pendant quelque temps, évitant ainsi une éventuelle
contagion... Tout ceci est d’une trivialité
quotidienne.
Qu’advient-t-il de notre vocabulaire
lorsque la santé est défaillante aux endroits placés
au-dessous de notre ceinture... Nous parlerons
pudiquement de "problèmes liés à la circulation
sanguine". En fait ce ne sont que des varices mal
placées plus communément appelées "hémorroïdes",
et qui font monstrueusement souffrir. Nous reculerons le
plus tard possible la visite chez le médecin qui nous
permettra d’enrayer ces douleurs.
Même si, présentement, une évolution
commence à se faire remarquer, il reste des sujets
tabous que l’on prendra soin d’ignorer.
Il n’y a pas si longtemps, les gens
affectés de ces maux étaient la proie de railleries et
de réflexions désobligeantes : on préférait se taire
et ou bien mentir, que de parler de cette partie rectale
qui pourtant nous est indispensable. Le corps humain a
besoin d’elle, comme du reste d’ailleurs, pour
fonctionner harmonieusement.
Heureusement les mentalités changent,
il était temps... Mais bien des efforts restent encore
à faire.
Néanmoins, il est agréable de voir
et d’entendre que certains individus n’ont plus
honte d’exprimer leur souffrance: qui n’a pas
entendu aujourd’hui quelqu’un avouer qu’il a
"disjoncté", "craqué", ou plus
familièrement "pété les plombs" ? L’étendue
et la modernité de notre vocabulaire actuel facilite ce
que nous avons envie d’exprimer.
La dépression nerveuse a été
longtemps considérée comme une maladie honteuse.
Aujourd’hui, elle plane au-dessus de nous, telle l’épée
de Damoclès : les dernières statistiques révèlent
qu’elle touche quinze pour cent de la population française.
Ce chiffre est inquiétant et ne cesse d’augmenter. Ce
mal affecte autant le malade que son entourage. La
parole ne passe plus, les gens ne prennent plus le temps
de communiquer. Ils semblent se désintéresser les uns
des autres. Ils n’osent pas parler d’eux- mêmes :
ce n’est pas qu’ils veulent livrer leurs secrets
mais ils éprouvent le désir de parler d’eux,
simplement. On tente de soigner la dépression par des
traitements médicamenteux - qu’il s’agisse des
hypnotiques, antidépresseurs, anxiolytiques - mais généralement,
ils ne sont pas efficaces à cent pour cent. Les
employer, c’est faire disparaître les effets sans
chercher vraiment la cause.
Quelle est donc cette maladie, qualifiée
actuellement de "phénomène de société" par
les médias ? Il est rassurant que l’on en parle enfin
: cela prouve qu’elle est moins tabou qu’autrefois.
Faire bon usage de la honte se révèle parfois
salvateur.
Comment peut-on espérer guérir de ce
mal-être qui affecte les états d’âme ? Cette
maladie est un "mal à dire" : ce n’est pas
un jeu de mots, mais probablement une réalité.
Précarité, efficacité, rentabilité
font la loi dans le monde du travail. Pour la majorité
des salariés, tout va trop vite dans l’univers
professionnel. Tous ces éléments amènent
sournoisement une grande fatigue mentale et physique. La
déprime s’installe peu à peu, car chaque jour les
individus doivent se surpasser pour être à la hauteur
de ce qu’on leur demande. Se soustraire à cette
condition, qui n’est plus humaine, c’est infliger le
commencement d’un manque d’estime et de confiance
envers soi-même. C’est se laisser dévaloriser par le
système qui nous entoure. La culpabilité naît de
cette façon de penser, entraînant avec elle
l’apparition des premiers symptômes de la dépression
nerveuse. Les idées noires surgissent et l’envie de
mettre un terme à ce que l’on est devenu est un signe
à prendre avec considération : le goût de VIVRE et la
sensation d’être utile s’estompent. Au lieu de réaliser
combien ils sont importants, les dépressifs prennent la
fuite, évitant ainsi de faire face aux évènements de
leur existence. C’est, en quelque sorte, vouloir
"supprimer" cette individualité qui n’est
pas la leur. Ceux qui tentent alors de se suicider,
lancent de véritables appels au secours : "écoutez
moi, j’ai envie de retrouver ma propre valeur, mais je
n’y arrive pas. Aidez-moi, je n’en peux plus, je
n’arrive plus à prouver qui je suis ; j’ai envie de
dire que ça ne va pas, alors qu’autour de moi, tout a
l’air d’aller bien... Je n’aime plus la vie que je
mène..." Tels sont les aveux de ceux qui sont à
bout de nerfs : la détresse s’est emparée d’eux,
ils parlent alors d’un trou noir, d’un enfer,
d’une pente qu’ils ne peuvent plus remonter. Les
personnes dépressives sont facilement irritables,
certaines deviennent agressives : insidieusement, le
mal-être a pris naissance dans leur corps et dans leur
âme. Le monde extérieur paraît si heureux qu’il en
devient presque insolent. C’est inacceptable de voir
les autres rire et vivre normalement : ils paraissent
n’avoir aucun tracas, alors que le déprimé en est
submergé... L’idée que ceux-ci assument leurs problèmes
plonge le dépressif dans la dévalorisation : "il
faut bien se faire une raison, moi, je n’y arrive
plus..."
J’aimerais ouvrir une parenthèse :
il faut avouer que les infatigables sont épuisants :
ils redoublent d’énergie, encore et toujours. Pour
les suivre, il faut courir aussi si on ne veut pas être
à la traîne...Les personnes lentes, tranquilles et posées
ne sont pas remarquées ni remarquables. Elles ne font
pas bonne figure dans l’univers du travail. La
concurrence est rude dans le monde des salariés... Le défi,
la compétitivité, la promotion et bien d’autres
substantifs désignent les prouesses que l’être
humain doit accomplir. Travailler devient un
"exploit" dans certaines entreprises...
Jusqu’au jour où le circuit énergétique s’en
trouve déréglé. La machine humaine montre des
faiblesses. Quelques vitamines suffiront bien à réparer
ce corps physique qui manque de tonus! Ce n’est, peut-être,
qu’une fatigue passagère... Combien de temps peut
tenir un être humain, nerveusement et physiquement,
lorsque régulièrement, il dépasse ses propres limites
? Au bout de combien de temps, aussi, comprendra-t-il
qu’il est en train de passer à côté de
l’essentiel ? Quand il percevra cette sensation, de
quelle façon va-t-il réagir ?
Quand un individu plonge dans la dépression
nerveuse, son entourage doit être vigilant : il faut
capter l’émergence des idées suicidaires avant
qu’il ne soit trop tard. Grâce à une écoute spécifique,
certains gestes que l’on croyait inéluctables peuvent
être contrariés. On peut se rendre compte dans quel état
s’est engagé celui qui devient un danger pour lui-même.
Il n’est pas judicieux de demander à une personne déprimée
de se secouer. Il est réellement malade et a besoin de
se reposer. Le temps est son meilleur allié. Il lui est
souvent conseillé de sortir, de voir du
"monde". L’erreur peut être là : a-t-il véritablement
la force et l’envie d’aborder et de se confronter à
la société qui l’entoure ? Il se comparerait, une
fois de plus, et retournerait à la case départ :
"pas de doute, je ne vais pas bien et le monde
continue de tourner..." .
Une période de silence peut s’avérer
nécessaire à la reconstruction d’un individu en mal
de vivre. Paradoxalement, c’est un travail en
solitaire qui consiste à mieux se connaître, tout en
se confiant aux autres qui pourraient éventuellement
l’aider à voir le bout du tunnel. Les personnes dépressives
n’y voient pas d’issue. En se libérant, en extériorisant
leur souffrance morale par des pleurs et par des mots,
leurs maux se dégagent d’elles, peu à peu,
ceux qui se sont enfouis au plus profond de leur être,
pendant des mois ou des années. Tel un fleuve,
la vie est faite de vagues : un jour, on est en haut,
quelque temps plus tard, on est en bas. Refuser cette évidence
mène directement au creux d’une vague beaucoup plus
difficile à remonter que les autres.
Quels peuvent être les différents
facteurs favorisant le début d’une dépression
nerveuse ? Ils sont variables selon chaque individu.
Dans le milieu professionnel, la
quantité de travail s’accroît. Les petites pauses,
plages de repos utiles et agréables, sont diminuées
voire quelquefois supprimées. Ces régulations, si
minimes soient-elles, sont primordiales pour améliorer
le fonctionnement des services entre les services ;
elles se raréfient au détriment des travailleurs. Dès
qu’un individu se sent un peu plus fragilisé, qu’il
le signale et qu’il l’exprime, il sort des
trajectoires de progression. Il est qualifié de
"looser" : cet anglicisme le renvoie au rang
de faible être humain qui peut connaître des moments
de défaillance. Que réclame la société aujourd’hui
? Il n’y a qu’à regarder les petites annonces :
"recherche jeune cadre dynamique" ! Nos
journaux sont remplis d’offres d’emploi semblables
à celle-ci. Il est alors déclaré que celui qui
n’est pas assez fort, ne convient plus aux
performances qui lui sont demandées. Son esprit compétitif
n’est plus satisfaisant. Sa vie privée est instable
ou bien ses problèmes financiers le perturbent... Ce
sont vraisemblablement des éléments comme ceux-ci qui
sont à l’origine de ses défaillances. Mais jamais,
on n’ose avouer que c’est son travail qui, au lieu
de lui donner l’occasion de s’épanouir, le plonge
dans le doute et la fatigue. La pression
professionnelle, la surcharge de travail à effectuer
dans un laps de temps trop court, ne permettent pas à
un être humain de progresser dans un monde où
l’exigence et la perfection sont sans cesse sollicitées.
Tous ces paramètres sont à l’origine d’un
engrenage. C’est une vie qui bascule lentement et
c’est la dépression nerveuse qui menace. Survient
cette question fondamentale : "Suis-je à la
hauteur" ? La dévalorisation et la culpabilité se
sont installées. Elles sont les causes d’une grande détresse
mentale.
Le dépressif se réfugie dans le
sommeil. D’une part, parce que le rythme effréné
qu’il entretient depuis des années lui a supprimé de
nombreuses heures de repos, d’autre part, dormir
c’est prendre la fuite.
Ne plus parler, ne plus manger, se
couper du monde, ne plus avoir à se justifier, ne plus
être constamment vif et actif, tels sont les premiers
signes avant-coureurs d’une dépression qui se met en
route... Se reposer dans le silence, loin de cet univers
impitoyable, est probablement l’occasion
d’interrompre une vie harassante et infructueuse. Les
efforts continuels demandés à certains salariés ne
peuvent plus être assouvis par de faibles êtres
humains, mais par des robots indestructibles.
Une évidence apparaît, si cruelle
soit-elle : nous sommes rentrés dans une société de
performance et celui qui ne l’atteint pas est un
"bon à rien".
Combien de temps pourra-t-on cacher
cette réalité ?
En France, un observatoire du stress a
été créé : les médecins du travail sont les
premiers à constater que le stress est un facteur
favorable au déclenchement de graves dépressions
nerveuses.
Comment rompre l’isolement et la
tristesse lorsque l’on sombre dans la dépression ?
Le temps est un grand facteur de guérison
qui n’est pas assez souvent utilisé comme thérapie.
Pierre SANSOT explique avec netteté, l’ambiguïté du
monde médical : "Il est exigé aujourd’hui de
combattre le mal à la manière d’un ennemi. Nous
disposons d’une batterie d’armes offensives et nous
souhaitons la remise en service de celui que nous
n’avons pas eu la chance de considérer comme un
compagnon. Qui aura le privilège de quitter au plus
vite une clinique après une opération à coeur ouvert
sera applaudi pour sa performance. L’homme qui tarde
à guérir ternit l’image de la médecine et le corps
médical le soupçonne de ne pas coopérer, et certains
patients - devons-nous les nommer encore ainsi,
puisqu’il leur est demandé de réagir, de dégainer
leurs propres armes psychosomatiques? - souhaiteraient
parfois s’attarder dans ce milieu, qui s’appelle le
service hospitalier." (16)
Quand les capacités intellectuelles
et physiques ne suffisent plus, des aides extrêmement
diverses sont proposées : elles sont de type
pharmacologique et thérapeutique, veillant ainsi à
remettre la "machine" humaine en fonction.
Elles semblent rendre la vie plus facile ; la peur du
lendemain s’amenuise alors l’esprit fonctionne plus
vite. La psychanalyse ou la psychothérapie sont aussi
proposées. Celles-ci ont été explorées au cours des
années 1970, dans une perspective de libération de
croissance personnelle et de maîtrise du potentiel
humain. Partir à la conquête de son identité afin de
pouvoir tenir les rênes de sa propre vie, tel était le
but d’un patient désireux de se débarrasser d’un
mal-être qui empêchait ainsi sa propre évolution.
Comment acquérir et maîtriser ces instruments d’émancipation
que chacun détient ?
On peut tenter de soigner la dépression
nerveuse en se disant que c’est l’opportunité
d’apprendre et d’en savoir un peu plus sur soi-même.
C’est une façon d’approfondir le rapport que l’on
a avec ses sentiments, en toute sincérité ; c’est
une porte qui s’ouvre pour trouver sa propre vérité
et non pas celle que son entourage et la société lui
suggèrent. Le regard des autres devient moins pesant -
on n’est jamais malade de façon isolée.
Le malade n’éprouve plus de mal à dire ce qu’il
ressent vraiment. Cette approche est différente d’une
personne à une autre. Le rythme de guérison est plus
ou moins rapide selon la prise de conscience de
l’individu concerné.
Si, au contraire, on vit la dépression
comme une ennemie, comme un état qu’il faut abattre,
le processus de guérison sera beaucoup plus long.
Lorsque l’on tente d’expliquer cette souffrance
qu’est la dépression nerveuse, peut-on suggérer
cette hypothèse qu’elle reste la possibilité de
s’interroger sur soi-même ?
L’âme réclame sans cesse des
besoins vitaux : ne pas y répondre entraîne un
dysfonctionnement entre le corps et l’esprit. A force
de paraître, le mal-être prend naissance...
Ne serait-ce pas "les états d’âme"
qu’il faudrait soigner ?
La crainte de la perte d’un emploi,
la disparition d’un être aimé, un divorce, cette
fameuse peur du lendemain et bien d’autres impondérables,
objets de nos chagrins, peuvent faire basculer certains
d’entre nous dans un état dépressif : pourquoi en
concevoir de la honte ? Acceptons les coups de déprime
en sachant bien qu’ils seront passagers ! "Coup
de blues", "vague à l’âme", nombreux
sont les mots qui caractérisent notre mal de vivre,
quelle qu’en soit la provenance. Nous vivons une époque
formidable ! En réfléchissant bien, est-elle pire que
celles de nos proches aïeux ? Ils ont vécu les deux
dernières guerres mondiales... La période actuelle
est, selon certains, apocalyptique, annonciatrice de
catastrophes provoquant, d’ici peu, la fin du monde.
(16) Pierre SANSOT " Du bon usage
de la lenteur" Éd. Le grand livre du mois LE CLUB
1999
Il faut se rendre à l’évidence,
avec discernement : les temps modernes sont difficiles
à vivre, mais quel que soit le cycle dans lequel nous
sommes nés, la vie "en rose" n’existe
pas... Parler de la fin du monde n’est pas juste : il
serait plus exact de prendre conscience que nous entrons
dans un nouveau millénaire. Nous quittons l’ère du
matérialisme et entrons dans une ère spirituelle. Ce
n’est pas la fin du monde, mais probablement la fin
d’un monde. L’ancien doit laisser place au
renouveau. Nous venons, aussi, d’aborder un nouveau siècle...
Nous avons tendance à oublier cette chronolologie qui
n’a rien de catastrophique en soi ! Il faut bien
admettre que cela fait beaucoup de nouveautés d’un
seul coup ! Le processus se met lentement en route : les
changements ne se feront pas du jour au lendemain. Nous
avons le temps de nous adapter et de nous éveiller à
tout ce qui bouge autour de nous. Les moments de réflexion
seront les bienvenus. Un moment d’adaptation sera
opportun. Accepter que rien ne sera plus jamais comme
avant et se servir des erreurs du passé pour ne pas les
répéter...Tels sont les atouts qui peuvent nous aider
à ouvrir les yeux. Il est très "tabou" de
tenir un tel langage... Mais pratiquer le principe de
l’autruche ne sert strictement à rien. L’être
humain a pour fâcheuse habitude de s’instaurer des
routines...
Il est important à l’heure actuelle
d’apprécier ce que nous sommes, d’éveiller les
besoins de notre âme pour mieux nous ouvrir à
l’Univers. Paraître ne dure qu’un temps... Le
prolonger est un danger. Se mettre des oeillères et
vivre dans un monde d’illusion, qu’il soit extérieur
ou intérieur, entraîne des perturbations à tous les
niveaux...
"La maladie n’est pas, comme on
le croit généralement, une punition envoyée par Dieu.
Elle résulte de ce que l’homme ne comprend pas son
"moi" véritable. Supprimez la cause et
l’effet disparaîtra. Supprimez les idées fausses et
la maladie s’évanouira. Si, au contraire, vous voyez
l’imperfection, vous abaissez les vibrations jusqu’à
la provoquer, vous recueillerez inévitablement la
moisson de la graine que vous aurez semée. La pensée
est le PLUS PUISSANT remède de l’Univers, le médiateur
entre l’esprit divin, et les maladies, inharmonies ou
corporelles de toute l’humanité." (17)
(17)
Baird T. SPALDING "La vie des maîtres" Éd.
Robert LAFFONT 199

suite

Auteur : Brigitte
Cordonnier
Copyright Le Royaume
chez Rubis
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