Le droit au silence

 

Mes lèvres sont scellées, les mots ne peuvent que mourir

Mon cœur se ferme, tu l’as déjà trop souvent fait souffrir

Ma petite âme se cache, tu ne sauras pas la parcourir

Mon esprit se renfrogne, ta force n’en tirera qu’un soupir.

 

Tes yeux me fouillent, es-tu devenu mon unique tribunal?

Tu attends des mots, mais tu n’as plus le droit de me faire mal

Ne me fixe pas ainsi, ton regard noir, en rien n’est banal

Je me bats contre toi, je me sens mal, ton glaive est fatal.

 

Ta main que je voudrais tendre, jamais vers moi ne viendra

Je t’ai donné la vie par amour et je te dis des mots tout bas

Si tu savais combien de te présence, j’ai toujours trop froid

Un jour dernier, je t’ai promis de te laisser vivre ta vie à toi.

 

Mes oreilles ont attendu en vain des mots qui ne sont pas venus

Devant toi, par fierté, je ne mettrais plus mon pauvre cœur à nu

Combien de larmes ont coulé sur mes joues, tu ne les as pas vues

Depuis le jour de ta naissance, chaque jour je t’ai attendu.

 

Aujourd’hui, je te demande le droit au silence par survie

Je dirige mon destin, mon amour pour toi n’est pas fini

Je te souhaite de comprendre réellement le but de cette vie

Je me tais, je pleure en moi, j’ai tant d’amour pour toi, ma fille.

 

19/08/2002

Michèle R.


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