Ma compassion

 

Mon cœur fermentait l’amertume,

Plate, ouverte et pleine d’écume.

Source empoisonnée,

Je ne peux en contenir l’agressivité.

 

Pardonner ou même essayer d’oublier

m’apparaît comme une trahison.

Je dois me venger, lui faire réparer,

Sinon je suis à jamais humilié.

 

Rencontrer la personne qui m’a blessé?

Non, j’aime mieux l ‘éviter.

Mais quand j’ai le courage de l’envisager,

Son regard semble me bouleverser.

 

Dans ses yeux, j’ai reconnu ma tristesse,

Ma dépression et mon reste de tendresse.

Depuis, cette vision me hante,

Tous ces sentiments aux miens s’apparentent.

 

Mon cœur alors s’est mû.

Il lâche prise et s’adoucit.

Sa dureté peu à peu s’atténue.

La compassion l’aurait-elle envahi?

 

( Jean Monbourquette )