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Jardins
de féeries
Avec hésitation je saisis la plume pour
graver sur ce papier volage l’art des sentiments. Je me baigne
dans son encre qui souille mon cœur de traits difformes et
irréguliers et je cherche à comprendre pourquoi ! Les lignes
s’allongent maladroites dessinant des interférences à
travers les courbes de mes pensées. L’ombre que forme ma main
sur cet écrit appesantit l’espace et le ternit. Tantôt les
mots se bousculent entraînant dans leur course folle
l’expression de mes ressentis. Puis, fatiguée de ce
vacarme, je m’arrête et je me repose dans le calme
d’une réflexion .Doucement elle m’entraîne dans un parc de
rêve :
Les sentiers qui le dessinent sont bordés
de jonquille au doux parfum. Là –bas au fond, des balançoire
de satin laissent leurs chaînes s’envahir de marguerites et
de lilas .Les enfants s’acharnent à la construction de
châteaux de sable sans résistance. Leurs sourires et
l’éclat de leurs yeux font naître
l’innocence et la pureté. À l’ombre du grand chêne
se caressent deux amoureux se foutant bien des passants. Puis,
au fond du décor, le ruisseau chante
le bonheur d’un
air mélodieux. Entre deux octaves je m’éveille et je me vois
dans le miroir intact que forme l’eau. Et tout à coup la
compréhension éclaire mon moi. Les
traits difformes et irréguliers qui souillent mon cœur
se clarifient. L’ennui les surmonte trempant de larmes
pénibles les heures de ma solitude. C’est ce sentiment
d’abandon qui interfère les courbes de mes pensés. Mais mon
cœur ne se lasse pas de t’aimer quelque en soient les
raisons. Mon être t’imagine tout près, tout près même
quand tu es loin. Mon moi te réclame même quand tu le repousses .Mon corps te désire
même dans mes rêves. Mes pensées te dessinent
doucement même si tu te sens libre. L’amour que je te
porte te condamne même si tu te crois innocent. Et
l’explication que le juge de mon comportement
te donne s’inscrit ainsi dans le livre de la loi de
l’amour : ``Parce que je t’aime éperdument.....je
m’ennuis très vite de toi.......``
ET
toi......???
Février
1989
Écrit
par Claire Lefebvre



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